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15 Juillet 2026

Le ministre wallon du Bien-être animal veut revenir sur une décision prise en 2018 et reporter de huit ans, du 1er janvier 2028 au 1er janvier 2036, l’échéance transitoire inscrite dans le Code pour l’utilisation des cages destinées aux poules pondeuses. Pour GAIA, il s'agit d'un recul historique pour le bien-être animal.

GAIA dénonce avec la plus grande fermeté la volonté du ministre wallon du Bien-être animal, Adrien Dolimont (MR), de prolonger jusqu'au 1er janvier 2036 la période transitoire autorisant encore l'élevage de poules pondeuses en cages. Cette mesure figure dans le projet de Code wallon du Bien-être des animaux qui doit être adopté par le Gouvernement wallon ce jeudi.

Pour GAIA, il s'agit d'un cadeau politique aussi incompréhensible qu'injustifiable offert à une poignée d'éleveurs industriels, au détriment de centaines de milliers de poules qui continueront à vivre enfermées derrière des barreaux pendant huit années supplémentaires.

Un ministre du Bien-être animal devrait supprimer les cages, pas les prolonger. Adrien Dolimont est en train de devenir le pire ministre wallon du Bien-être animal depuis la régionalisation de cette compétence. Alors que sa mission est de faire progresser la protection animale, il choisit au contraire d'organiser un retour en arrière et de renier un engagement pris par la Wallonie il y a huit ans.

Sébastien de Jonge
Directeur des opérations chez GAIA

Dix ans pour s'adapter… et pourtant huit ans de plus

En 2018, la Wallonie avait pris une décision forte en interdisant l'installation de nouvelles cages pour les poules pondeuses et en fixant leur disparition définitive au 1er janvier 2028. Afin de permettre aux exploitants d'amortir leurs investissements et de convertir leurs installations, une période transitoire de dix ans avait été accordée.

Aujourd'hui, le projet de nouveau Code prévoit de reporter cette échéance au 1er janvier 2036, soit huit années supplémentaires. Pour GAIA, rien ne justifie un tel revirement.

Le secteur connaissait parfaitement le calendrier depuis 2018. Dix années représentaient déjà un délai particulièrement généreux pour organiser cette transition. Ce report ne constitue pas un simple ajustement technique : il récompense les exploitants qui n'ont pas anticipé une échéance connue depuis près d'une décennie, tandis que ceux qui ont investi pour respecter la loi sont pénalisés.

Une période transitoire est, par définition, temporaire. Après dix ans, on ne parle plus d'une transition, mais d'un renoncement politique.

Un cadeau à sept élevages seulement

Cette prolongation ne concerne qu'un nombre très limité d'exploitations. Selon les informations du Gouvernement, sept élevages wallons sont encore concernés. D'après les chiffres du Collège des Producteurs, 97 % des élevages wallons produisent déjà sans cages.

Les sept exploitations restantes représentent encore environ 370 000 poules pondeuses qui continueront à vivre en cages jusqu'en 2036 si cette mesure est adoptée.

Pour GAIA, il est inacceptable de modifier une législation adoptée il y a huit ans afin de préserver les intérêts économiques d'une poignée d'exploitations, au détriment de centaines de milliers d'animaux.

Le « level playing field » ne justifie pas un recul du bien-être animal

Pour justifier ce report, le Gouvernement invoque la volonté d'assurer un level playing field avec la Flandre, où les cages resteraient autorisées jusqu'en 2036.

Pour GAIA, cet argument est irrecevable.

Le rôle d'un ministre du Bien-être animal n'est pas d'aligner la Wallonie sur les normes les moins ambitieuses, mais d'améliorer concrètement la vie des animaux. Si cette logique devait prévaloir, plus aucune avancée en matière de bien-être animal ne serait jamais possible.

Même aménagées, les cages restent des cages

Les cages dites « aménagées » ne permettent toujours pas aux poules de satisfaire leurs besoins comportementaux fondamentaux. Elles ne peuvent pas battre librement des ailes, courir, explorer leur environnement, gratter le sol, prendre correctement des bains de poussière ou se percher dans des conditions satisfaisantes.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) considère que les systèmes sans cages offrent un niveau de bien-être supérieur aux cages aménagées. Pour GAIA, prolonger leur utilisation jusqu'en 2036 revient à maintenir délibérément un système dont les limites sont scientifiquement établies depuis longtemps.

Les Engagés face à leurs responsabilités

Le projet doit encore être approuvé par le Gouvernement wallon.

GAIA appelle les autres membres du Gouvernement, et en particulier Les Engagés, à refuser cette disposition et à maintenir l'échéance fixée en 2018.

C'est en effet sous l'impulsion de Carlo Di Antonio (cdH, aujourd'hui Les Engagés), alors ministre wallon du Bien-être animal, que la Wallonie avait adopté en 2018 l'interdiction des nouvelles cages et programmé l’échéance de référence du 1er janvier 2028, moyennant une période transitoire de dix ans. Pour GAIA, il serait incompréhensible que Les Engagés acceptent aujourd'hui de détricoter l'une des réformes les plus emblématiques portées par leur propre famille politique en matière de bien-être animal.

Les Engagés affirment vouloir placer le bien-être animal au cœur de leur action politique. Ils ont aujourd'hui l'occasion de le prouver. En 2018, c'est leur propre famille politique qui a eu le courage de programmer la fin des cages en Wallonie. S'ils valident aujourd'hui cette mesure, ils assumeront, avec Adrien Dolimont, la responsabilité d'avoir condamné des millions de poules à huit années supplémentaires de vie en cage et d'avoir renié un engagement historique pris envers les animaux et les citoyens.