Un cadeau à sept élevages seulement
Cette prolongation ne concerne qu'un nombre très limité d'exploitations. Selon les informations du Gouvernement, sept élevages wallons sont encore concernés. D'après les chiffres du Collège des Producteurs, 97 % des élevages wallons produisent déjà sans cages.
Les sept exploitations restantes représentent encore environ 370 000 poules pondeuses qui continueront à vivre en cages jusqu'en 2036 si cette mesure est adoptée.
Pour GAIA, il est inacceptable de modifier une législation adoptée il y a huit ans afin de préserver les intérêts économiques d'une poignée d'exploitations, au détriment de centaines de milliers d'animaux.
Le « level playing field » ne justifie pas un recul du bien-être animal
Pour justifier ce report, le Gouvernement invoque la volonté d'assurer un level playing field avec la Flandre, où les cages resteraient autorisées jusqu'en 2036.
Pour GAIA, cet argument est irrecevable.
Le rôle d'un ministre du Bien-être animal n'est pas d'aligner la Wallonie sur les normes les moins ambitieuses, mais d'améliorer concrètement la vie des animaux. Si cette logique devait prévaloir, plus aucune avancée en matière de bien-être animal ne serait jamais possible.
Même aménagées, les cages restent des cages
Les cages dites « aménagées » ne permettent toujours pas aux poules de satisfaire leurs besoins comportementaux fondamentaux. Elles ne peuvent pas battre librement des ailes, courir, explorer leur environnement, gratter le sol, prendre correctement des bains de poussière ou se percher dans des conditions satisfaisantes.
L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) considère que les systèmes sans cages offrent un niveau de bien-être supérieur aux cages aménagées. Pour GAIA, prolonger leur utilisation jusqu'en 2036 revient à maintenir délibérément un système dont les limites sont scientifiquement établies depuis longtemps.
Les Engagés face à leurs responsabilités
Le projet doit encore être approuvé par le Gouvernement wallon.
GAIA appelle les autres membres du Gouvernement, et en particulier Les Engagés, à refuser cette disposition et à maintenir l'échéance fixée en 2018.
C'est en effet sous l'impulsion de Carlo Di Antonio (cdH, aujourd'hui Les Engagés), alors ministre wallon du Bien-être animal, que la Wallonie avait adopté en 2018 l'interdiction des nouvelles cages et programmé l’échéance de référence du 1er janvier 2028, moyennant une période transitoire de dix ans. Pour GAIA, il serait incompréhensible que Les Engagés acceptent aujourd'hui de détricoter l'une des réformes les plus emblématiques portées par leur propre famille politique en matière de bien-être animal.