Des millions de porcelets sont encore castrés chaque année en Belgique, alors que des alternatives existent.

Selon un sondage Ipsos, 9 Belges sur 10 favorables à une interdiction légale de la castration chirurgicale des porcelets.

Des images diffusées par GAIA montrent la violence et la cruauté de cette pratique. Chaque année, des millions de porcelets mâles sont encore soumis à une castration chirurgicale douloureuse. Cette pratique choquante doit cesser : GAIA en demande l’interdiction.

Images filmées par GAIA dans un élevage en Flandre

Plus de 2 millions de porcelets castrés cruellement en Belgique chaque année

En Belgique, environ 5,3 millions de cochons sont élevés chaque année pour l’industrie alimentaire. Environ 80 % des porcelets mâles belges sont castrés chirurgicalement, soit environ 2,1 millions d’animaux concernés chaque année.

Comment fonctionne cette castration ?

porcelet castration

Ann De Greef, directrice de GAIA, explique :  

« Le porcelet est immobilisé, puis l’éleveur pratique une ou plusieurs incisions dans la peau du scrotum du porcelet, qui est pleinement conscient, afin d’exposer les testicules. 

Il tire ensuite fermement sur les testicules pour les extraire, ainsi que sur le cordon spermatique, situé plus profondément dans le corps, derrière les testicules. L'éleveur tire donc sur les cordons spermatiques et les coupe

Il est choquant et répugnant de constater qu’une telle pratique puisse encore avoir lieu aujourd’hui. »

Pourquoi les éleveurs castrent-ils les porcelets ?

Chaque année, plus de 2 millions de porcelets mâles sont castrés chirurgicalement en Belgique, généralement entre 3 et 7 jours après leur naissance.

Les éleveurs cherchent à prévenir le risque d’apparition d’une odeur désagréable lors de la cuisson de la viande. En pratique, cette « odeur de verrat », liée au développement hormonal naturel des cochons, n’apparaît que dans une minorité des cas, et seule une partie des consommateurs y est sensible (environ 4 %).

Ainsi, pour prévenir un risque minime de désagrément pour le consommateur, la grande majorité des porcelets mâles subissent l’ablation à vif des testicules quelques jours après leur naissance. L’intervention est douloureuse et traumatisante, tant pour les porcelets que pour les truies, qui assistent impuissantes aux cris et à la souffrance de leurs petits.

Une pratique inacceptable, d’autant que des alternatives efficaces existent.

castration porcelet

Anesthésie lors de la castration ?

Entre 97 et 100 % des porcelets belges castrés le sont sans anesthésie.

Cela signifie que, sur les millions de porcelets castrés chaque année, seuls quelques milliers reçoivent de la procaïne, un anesthésique injecté dans les deux testicules. Toutefois, ce médicament ne réduit que faiblement la douleur ressentie lors de l’incision.

« Cela ne réduit pas suffisamment la douleur aiguë et sévère ressentie par les porcelets lors de la procédure. De plus, les conditions dans lesquelles ce médicament est administré dans les élevages de porcs laissent à désirer. Il n’est pas facile d’injecter l’anesthésique à un porcelet en mouvement et les délais d’attente ne sont souvent pas respectés. L’incision est souvent pratiquée trop tôt ou trop tard après l’injection, ce qui empêche le médicament de produire l’effet escompté.  
- Ann de Greef

La législation belge impose que toute castration chirurgicale soit réalisée avec une anesthésie locale et une prise en charge de la douleur. Cette obligation ne supprime toutefois ni la douleur intrinsèque liée à l’intervention elle-même, ni les difficultés concrètes de mise en œuvre dans les élevages, régulièrement documentées par des vétérinaires et dans la littérature scientifique.

Depuis 2023, la réglementation autorise en outre les éleveurs à pratiquer eux-mêmes la castration chirurgicale des porcelets, sans recours obligatoire à un vétérinaire.

« La réglementation autorise les éleveurs à pratiquer eux-mêmes la castration chirurgicale des porcelets.»

porcelet castration

L’analgésie après la castration ?

L'analgésique meloxicam est administré à environ 85 % des porcelets belges castrés, comme le prescrit BePork, le label belge pour la viande de porc.

Son action est comparable à celle de l’ibuprofène. Il n’a donc aucun effet anesthésiant pendant la castration. Seule la douleur consécutive à l’intervention est partiellement traitée. Qui pourrait imaginer castrer à vif son chien ou son chat et lui administrer seulement un simple antidouleur après l’opération ?
- Ann de Greef

Bien que les analgésiques et les anesthésiques/sédatifs puissent individuellement réduire la douleur ou interrompre la conscience pendant et après la castration, l’administration d’un seul de ces médicaments — ou même leur combinaison — demeure insuffisante pour prévenir des souffrances sévères chez le porcelet mâle.

castration porcelets

Comme les chiens et les chats ?

Seule la mise en œuvre d’un protocole comparable à celui appliqué aux chiens et aux chats — avec anesthésie complète et gestion de la douleur pendant et après l’intervention — rendrait cette procédure réellement supportable.

Cela suppose :

  1. la sédation du porcelet ;
  2. l’induction d’une anesthésie générale ;
  3. l’intubation et l’administration de gaz anesthésique ;
  4. l’administration préopératoire d’un analgésique et d’un anesthésique local ;
  5. des soins postopératoires adaptés.

Seul un vétérinaire formé à cet effet possède les compétences nécessaires pour appliquer correctement ces étapes et adapter l’administration des médicaments à la réaction individuelle de l’animal, afin de s'assurer que la douleur ressentie par le porcelet, pendant et après la castration, est réduite autant que possible.

Si les porcelets étaient traités selon les règles de l’art, comme les chats et les chiens, cela demanderait du temps et des coûts que l’éleveur ne peut ou ne veut pas supporter.
- Ann de Greef

castration porcelets

Alternatives à la castration chirurgicale

  • Vaccination contre l'odeur de verrat

La Commission européenne a autorisé en 2009 la mise sur le marché du vaccin Improvac. Ce vaccin prévient le développement testiculaire chez les cochons. L’hormone sexuelle est neutralisée par des anticorps. Les substances responsables de l’odeur de verrat (androsténone et scatole) sont fortement réduites, voire éliminées.

Le vaccin n’est pas une hormone. Il est par ailleurs économiquement avantageux grâce à une meilleure croissance des cochons. Les cochons vaccinés produisent également moins de lisier, ce qui réduit l’impact environnemental de l’élevage.

En Belgique, 15 à 18 % des porcs mâles sont vaccinés, preuve que cette alternative est efficace et économiquement viable.

Pour plus d'information, consulter le rapport européen public d'évaluation de l'Improvac.

  • L'élevage de porcs mâles non castrés

Cette approche repose notamment sur la détection de l’androsténone et du scatole sur la ligne d’abattage, via des « renifleurs » ou des nez électroniques. Les carcasses détectées peuvent être orientées vers d’autres circuits (produits transformés).

Cette pratique est en place en Allemagne et aux Pays-Bas et approvisionne l’ensemble du marché hollandais. C’est également le choix de Lidl Belgique depuis 2012.

Environ 10 % des porcs mâles belges sont élevés de cette manière.

GAIA a participé au projet Alcaporc du Centre wallon de Recherches agronomiques (CRA-W), qui a confirmé l’efficacité des alternatives à la castration chirurgicale. Pour plus d'informations, référez-vous à notre rapport.

Ces solutions permettent d’éviter cette mutilation tout en répondant aux enjeux sanitaires, économiques et de qualité. La poursuite de la castration chirurgicale ne saurait dès lors être justifiée : elle constitue un choix contraire aux principes du bien-être animal et perpétue une pratique cruelle infligeant une souffrance évitable.

Interdiction légale

L'élevage de cochons

L'élevage ne prend pas en considération les besoins essentiels des cochons.

Depuis 2000, GAIA lutte contre la castration chirurgicale des porcelets et demande son interdiction. Dans les élevages, les cochons devraient également disposer de davantage d’espace, de plus de stimulation, de pouvoir fouiller le sol et de se coucher confortablement.

Les cochons sont des animaux curieux, sociaux et intelligents. L’élevage conventionnel les prive de la possibilité de fouiller, explorer et jouer, ce qui engendre ennui, atteinte au bien-être animal et souffrance.

Cette réalité concerne l’immense majorité des plus de 5 millions de porcs élevés chaque année en Belgique, ainsi que les 340 000 truies reproductrices.

porcelets

Queues et dents coupées

La réglementation européenne interdit la coupe routinière des queues et des dents. Elle n’est autorisée qu’en dernier recours, lorsque des modifications substantielles des conditions d’élevage n’ont pas permis d’éviter les morsures.

Pourtant, la majorité des porcelets subissent encore ces mutilations à vif, sans que la conduite de l'élevage ne soit remise en question.

Conditions de détention

porc
truie
porcelet

Les cochons élevés pour la viande sont très majoritairement engraissés dans des bâtiments fermés, sombres et clos, bétonnés, sans litière ni accès extérieur. Les truies sont maintenues en stalles individuelles, dans lesquelles elles ne peuvent ni se retourner ni construire un nid. Ces animaux reposent sur un béton troué à travers lequel tombent leurs déjections.

Dans cet environnement pauvre et sans stimulation, les cochons mènent une vie de terrible frustration.

Les truies développent des comportements stéréotypés, comme mâchonner continuellement les barreaux de leur cage. Elles souffrent fréquemment de boiteries et d’arthrite, tout comme les cochons à l’engraissement. Après la mise bas, les porcelets leur sont retirés précocement trois à quatre semaines après leur naissance, pour inséminer les truies de nouveau.

Nombre de porcelets sevrés s'occupent à mordiller les queues de leurs congénères. Pour prévenir l'apparition de ces comportements, les queues des porcelets sont coupées sans anesthésie à l'aide d'une pince ou d'un fer chaud.

Les cochons et les truies sont des animaux fouisseurs qui devraient disposer de stimulation, d'espace et d'un environnement enrichi par de la litière ou de la paille. Cette mesure mettrait un terme aux morsures entre animaux et à la nécessité de couper queues et dents. Elle apaiserait également le stress des truies au moment de la mise bas, lorsqu'elles cherchent à construire un nid.

Documents

Enquête Ipsos Mars 2023 - La castration des porcelets
Document
PDF, 817.45ko
Rapport européen public d'évaluation de l'Improvac, 2009
Document
PDF, 163.53ko
Alternative à la castration chirurgicale du porcelet. Evaluation de la vaccination contre l’odeur de verrat dans la viande,2014
Document
PDF, 1.53mo
Sondage d'opinion IPSOS/GAIA auprès de la population wallonne (2017)
Document
PDF, 1.48mo
FAQ Castration des porcelets (2018)
Document
PDF, 750.09ko