Une réaction des autorités totalement insuffisante
Les images de GAIA ont été rendues publiques le 16 juin. Elles documentaient de graves violations de la législation sur le bien-être animal. Pourtant, il a fallu attendre trois jours avant qu'un premier contrôle officiel ne soit effectué. Un tel délai laisse largement le temps de modifier certaines pratiques, de faire disparaître des indices ou d'adapter temporairement le fonctionnement d'un établissement avant l'arrivée des inspecteurs.
L'organisation rappelle qu'en 2017, à la suite du scandale de l'abattoir de Tielt, le ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts, avait ordonné la suspension provisoire des activités de l'établissement. Aucune mesure comparable n'a été prise dans le dossier d’Ath.
Plus préoccupant encore, les deux inspections réalisées par l'Unité du Bien-être animal ont confirmé l'existence d'infractions. Pourtant, les autorités n'envisagent à ce stade qu'un rapport assorti de recommandations adressé à la Ville d’Ath.
GAIA saisit la Commission européenne
Face à ces défaillances, GAIA déposera dans les prochains jours une plainte officielle auprès de la Commission européenne. L'organisation estime que la Wallonie manque à ses obligations découlant du Règlement (CE) n° 1099/2009, qui impose aux États membres de garantir un contrôle effectif et une application rigoureuse des règles relatives à la protection des animaux au moment de leur mise à mort.
Cette plainte ne vise pas uniquement les faits constatés à Ath. Elle porte plus largement sur le fonctionnement du système de contrôle et sur la manière dont les autorités wallonnes exercent leurs missions de surveillance et d'application de la législation en matière de bien-être animal.
GAIA rappelle que les services d'audit de la Commission européenne avaient déjà identifié d'importantes faiblesses dans le système belge de contrôle du bien-être animal lors de l'abattage. Dans son audit de 2020, la Direction générale de la Santé et de la Sécurité alimentaire (DG SANTE) concluait que les progrès réalisés depuis l'audit de 2014 étaient limités et relevait notamment des insuffisances dans la coordination entre autorités et l'efficacité des contrôles officiels.