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9 Février 2026

Aujourd'hui, GAIA comparaîtra à 9h devant le Tribunal de première instance francophone de Bruxelles : la Région de Bruxelles-Capitale poursuit l’organisation et son président Michel Vandenbosch à la suite de l’action « Capitale de la honte ». En choisissant la voie judiciaire plutôt qu’un débat de fond sur l’abattage sans étourdissement, GAIA dénonce une tentative inquiétante de faire taire une ONG qui interpelle les autorités de manière pacifique et légitime.

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Une action symbolique, pacifique et assumée

L’affaire remonte à septembre 2025, lorsque GAIA lançait dans l’espace public bruxellois une campagne visuelle d’ampleur : 1 500 drapeaux détournés déployés à travers la capitale, et 340 000 tracts distribués aux Bruxellois·es. Le visuel reprenait le drapeau régional, mais en remplaçant l’iris par un mouton laissant couler une larme de sang - une image choc destinée à rappeler la souffrance infligée aux animaux lors des abattages sans étourdissement.

L’objectif était clair : attirer l’attention sur une réalité politique désormais impossible à éluder. Bruxelles est aujourd’hui la seule Région du pays à autoriser encore l’abattage sans étourdissement. GAIA entendait donc interpeller les autorités régionales, au nom d’un débat démocratique légitime et d’un enjeu éthique majeur.

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Censure et pression financière

Au lieu d’ouvrir une discussion sur le fond, le gouvernement bruxellois a opté pour la voie judiciaire. La Région accuse GAIA « d'usurpation d’identité institutionnelle » et demande au tribunal une mesure radicale : interdire la diffusion de la campagne et exiger la suppression pure et simple de tous les contenus liés à l’action, sur tous les supports - site internet, réseaux sociaux, et toute forme de publication.

À ces demandes s’ajoute une facture salée : 6 000 euros de dommages et intérêts, ainsi qu’une astreinte de 10 000 euros par jour. Un montant non seulement totalement disproportionné, mais aussi une tentative de bâillonnement par la pression financière.

 

Une contradiction qui interroge

La Région affirme que cette campagne aurait pu induire le public en erreur. Pourtant, GAIA souligne le caractère paradoxal de la démarche : exiger l’effacement total d’une communication qui assume pleinement son origine, et qui ne laisse aucune ambiguïté sur le fait qu’il s’agit d’une action militante portée par GAIA.

Plus inquiétant encore, la procédure ne vise pas uniquement GAIA : Michel Vandenbosch est également poursuivi à titre personnel. Pour GAIA, c’est un pas supplémentaire vers une dérive : l’attaque ne cible plus seulement une campagne, mais aussi celles et ceux qui prennent la parole.

 

« Mieux vaut attaquer les messagers que répondre au message »

GAIA dénonce une inversion des priorités : une autorité publique mobiliserait des moyens juridiques et financiers importants non pas pour sanctionner un mensonge ou une diffamation, mais pour réprimer une action symbolique, pacifique et politique.

La Région bruxelloise mobilise ses avocats pour faire taire une ONG, mais reste étonnamment passive lorsqu’il s’agit de protéger les animaux. À Bruxelles, le message est clair : mieux vaut attaquer les messagers que répondre au message. GAIA ne se laissera ni intimider ni réduire au silence.

Michel Vandenbosch
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