Exigeons une véritable réforme des abattoirs.
Les animaux ne peuvent plus attendre.
Le gouvernement wallon doit agir.
Où en est le dossier aujourd'hui ?
Réaction des autorités
À la suite des révélations de GAIA et du dépôt d'une plainte auprès d'un juge d'instruction, une enquête judiciaire a été ouverte. La Région wallonne s'est également constituée personne lésée, rejoignant ainsi l'action en justice engagée par GAIA.
Au niveau local, à la demande de GAIA, plusieurs communes ont mis un terme à leur soutien financier et à leur collaboration avec l'abattoir.
Sur le terrain, en revanche, la réaction des autorités wallonnes a été totalement insuffisante. Elles ont attendu trois jours avant de procéder à une première inspection, sans suspendre les activités de l'abattoir entre-temps. Celui-ci poursuit d'ailleurs toujours ses activités.
Lors de ce contrôle, les autorités ont pourtant constaté plusieurs infractions à la législation relative au bien-être animal. À ce stade, elles se sont limitées à adresser un rapport accompagné de recommandations à mettre en œuvre dans un délai de 30 jours.
La réaction de GAIA
Pour GAIA, cette réponse est largement insuffisante. Face à des faits d'une telle gravité, chaque heure compte. En laissant l'abattoir poursuivre ses activités pendant plusieurs jours avant d'intervenir, les autorités ont exposé d'autres animaux à des souffrances évitables.
Cette affaire soulève non seulement la question de l'efficacité des contrôles en temps normal, mais met également en évidence le manque de fermeté des autorités lorsque des infractions graves sont révélées et constatées.
GAIA a donc également déposé une plainte auprès de la Commission européenne afin qu'elle examine les manquements des autorités wallonnes dans l'application de la législation européenne relative au bien-être animal.
Les demandes de GAIA
Au-delà des responsabilités individuelles, cette affaire démontre qu'une réforme en profondeur est indispensable. GAIA demande au ministre du Bien-être Animal, Adrien Dolimont (MR) et au Gouvernement wallon de mettre en œuvre une réforme ambitieuse de la législation relative aux abattoirs et de leur système de contrôle, comprenant notamment :
des contrôles réellement inopinés et plus fréquents, au minimum une fois par mois ;
des sanctions rapides, effectives et dissuasives ;
la suspension immédiate des activités en présence d'indices graves de maltraitance animale ;
un recours renforcé à la vidéosurveillance, appuyée par l'intelligence artificielle, avec transmission en temps réel des anomalies détectées aux autorités compétentes.
GAIA dépose plainte après la découverte de pratiques gravement contraires à la législation sur le bien-être animal
Le 16 juin 2026, GAIA a rendu publiques des images tournées entre février et avril 2026 à l’abattoir d’Ath, où 20.000 moutons sont abattus chaque année. Ces images révèlent des actes de maltraitance d’une gravité exceptionnelle et montrent des pratiques totalement contraires à la législation européenne et wallonne relative à la protection des animaux au moment de leur mise à mort.
Au vu de la gravité exceptionnelle des faits constatés, de leur répétition sur plusieurs mois et de leur caractère structurel, GAIA demande au ministre wallon du Bien-être animal, Adrien Dolimont (MR), d’ordonner sans délai la fermeture immédiate de l’établissement. L’association de défense des animaux a également déposé plainte avec constitution partie civile auprès du juge d'instruction de Mons et demande aux autorités compétentes d’ouvrir une enquête approfondie sur l’ensemble des faits révélés aujourd’hui.
Les images ont été analysées par une experte vétérinaire indépendante. Son rapport décrit un schéma récurrent de manquements graves dans les procédures d’abattage ainsi que des souffrances animales évitables.
Des animaux abattus sans étourdissement, saignés à vif
Les séquences filmées montrent à de nombreuses reprises des bovins présentant des signes de conscience et de sensibilité après leur étourdissement. Des animaux continuent à respirer de manière rythmique après avoir été suspendus à la chaîne d’abattage. D’autres tentent de relever la tête ou vocalisent alors que le processus d’abattage est déjà en cours. Dans plusieurs cas, les images montrent des échecs répétés d’étourdissement suivis de tirs correctifs tardifs, parfois alors que les animaux sont déjà accrochés ou saignés. D’autres sont saignés à même la rue et ne meurent qu’au terme d’une agonie prolongée.
Le rapport vétérinaire relève notamment l’absence apparente de contrôle systématique de l’état d’inconscience avant la poursuite des opérations d’abattage, ainsi que l’absence visible de matériel d’urgence immédiatement disponible en cas d’étourdissement insuffisant ou manqué. De telles constatations semblent difficilement compatibles avec les exigences en matière de bien-être animal et de procédures d’abattage correctes.
Coups, électrochocs et actes de cruauté
Les images révèlent également de nombreux actes de brutalité et de cruauté envers les animaux. Des moutons et des agneaux sont projetés dans des bacs, saisis par une patte ou par la laine, traînés au sol et frappés. Des chèvres sont déplacées de manière brutale. Des bovins reçoivent des coups et des décharges électriques.
Particulièrement choquantes, plusieurs séquences montrent l’utilisation d’aiguillons électriques au niveau des organes génitaux et de l’anus de bovins incapables de se relever. D’autres images montrent des animaux incapables de marcher qui sont frappés et brutalisés.
Il s’agit de défaillances répétées de l’étourdissement, d’actes de brutalité et de cruauté qui se reproduisent pendant plusieurs semaines. Les animaux concernés subissent des souffrances graves, infligées volontairement
Après analyse des images, je ne peux pas parler de simples incidents isolés. Ce qui apparaît sur les images révèle un schéma récurrent de graves défaillances dans les procédures d’abattage. Certaines séquences se distinguent par leur gravité exceptionnelle et par l’importance des souffrances animales qui les accompagnent
Un abattoir d’éleveurs locaux soutenu par les pouvoirs publics
Mis en service en 1958, l’abattoir d’Ath était jusqu’à récemment un abattoir communal. Depuis le 1er janvier 2026, il est officiellement exploité par la coopérative WapiMeat, créée en juin 2025 par quinze éleveurs, bouchers et acteurs de la filière viande de Wallonie picarde. Environ 20.000 moutons y sont abattus chaque année. L'abattoir d'Ath concentre ainsi à lui seul près de deux tiers de l'activité d'abattage ovin de la Région.
WapiMeat bénéficie de subsides de plusieurs communes, dont Ath, Beloeil, Chièvres, Leuze-en-Hainaut, Mouscron et Péruwelz, qui ont investi dans le projet afin de maintenir un outil d’abattage de proximité destiné aux éleveurs locaux.
Parmi les fondateurs et coopérateurs de WapiMeat figure Aurélien Holvoet, agriculteur athois devenu récemment une figure médiatique nationale après avoir déversé plusieurs tonnes de pommes de terre sur la Grand-Place de Bruxelles lors d’une action de protestation agricole. Cette action lui avait valu un important soutien populaire ainsi qu’une cagnotte de solidarité ayant récolté plus de 35.000 euros en quelques jours.
Cet abattoir a été présenté comme un projet porté par des éleveurs locaux soucieux du bien-être animal, soutenu par les communes et destiné à préserver une filière de proximité. Les images que nous révélons aujourd’hui montrent une réalité radicalement différente.
Une nouvelle démonstration de l’échec du système de contrôle
Au-delà du cas de l’abattoir d’Ath, GAIA estime que cette affaire démontre une nouvelle fois les lacunes du système de contrôle des abattoirs.
L’association demande que les images issues de la vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs fassent l’objet d'une analyse automatisée par intelligence artificielle, avec transmission automatique des alertes aux autorités compétentes. GAIA demande en outre des inspections inopinées plusieurs fois par an dans chaque établissement, un renforcement substantiel des moyens de contrôle ainsi que des sanctions réellement dissuasives.