TOXICITY
En avril 2026, GAIA a rendu publiques, avec Animals International, des images exclusives tournées dans un laboratoire britannique travaillant pour des clients basés dans l’Union européenne. Elles montrent la réalité des essais de toxicité : exposition à des substances toxiques, gavage forcé et mise à mort à l’issue des protocoles. Pour GAIA, ces images confirment l’urgence d’investir dans des méthodes sans animaux, plus éthiques et plus pertinentes sur le plan scientifique.
Dites NON à ces tests cruels sur
GAIA lance une campagne nationale d’envergure
Face à ces constats, GAIA lance, à l’occasion de la Journée mondiale des animaux de laboratoire, une nouvelle campagne de grande ampleur en Belgique. Cette campagne, diffusée à la télévision, dans les cinémas et sur les réseaux sociaux, vise à sensibiliser massivement le grand public à la problématique de l’expérimentation animale, à renforcer la pression sur les décideurs politiques et à accélérer la transition vers des méthodes sans animaux.
7 Belges sur 10 veulent une interdiction progressive
Une enquête d’opinion menée par Dedicated à la demande de GAIA (entre le 2 et 12 février 2026) révèle un décalage majeur entre les pratiques actuelles et les attentes des citoyens. Trois quarts des Belges jugent l’expérimentation animale inacceptable ou n’expriment pas d’avis, tandis que 63 % estiment qu’elle devrait être interdite. 71 % des Belges soutiennent l’idée que les gouvernements devraient prendre des mesures pour interdire progressivement ces pratiques.
Un consensus très fort se dégage également sur les mesures à prendre. Une écrasante majorité soutient le renforcement des contrôles et des sanctions (93 %), l’interdiction des pratiques les plus douloureuses (92 %), la réduction progressive de l’expérimentation animale (85 %) et un financement accru des alternatives (83 %).
Par ailleurs, 79 % des Belges se déclarent favorables à une interdiction prioritaire des tests sur les chiens, les chats, les primates et les équidés.
En Europe, 22 millions d’animaux sont utilisés chaque année dans le cadre d’expériences scientifiques.
En Belgique, 387 237 animaux ont été utilisés dans des laboratoires en 2024. La Belgique figure par ailleurs parmi les cinq pays européens où les expériences les plus douloureuses sur les animaux sont le plus pratiquées. Ces animaux sont soumis à de nombreux types de tests: toxicologie, recherche fondamentale,...
À l'occasion de la Journée mondiale des animaux de laboratoire le 24 avril, GAIA a écrit des rapports pour chaque région, et appelle les gouvernements régionaux à faire une stratégie coordonnée et efficace pour accélérer la transition vers une recherche scientifique sans recours à l’expérimentation animale. Il est temps pour chaque région de prendre des mesures décisives.
Le ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts, a déjà fait savoir qu’il partage les ambitions de GAIA et a annoncé une première étape importante : l’instauration d’une redevance obligatoire pour l’utilisation d’animaux de laboratoire, ainsi qu’un durcissement des règles existantes.
Du côté wallon, si la Déclaration de politique régionale prévoit bien un objectif de réduction de l’expérimentation animale, aucune mesure n’a encore été annoncée par le ministre du Bien-être animal, Adrien Dolimont.
Les chercheurs justifient ces tests en affirmant que l'expérimentation animale reste nécessaire.
Mais qu'en est-il vraiment ?
Les expériences sur animaux sont-elles pertinentes ?
Le chirurgien mondialement connu Vésale, considéré comme le père de l’anatomie, l’avait déjà constaté : certains organes ou parties du corps présents chez les animaux n’existent pas chez l’être humain. Cela peut sembler difficile à imaginer aujourd’hui, mais il y a quelques siècles, la connaissance de l’anatomie humaine reposait en grande partie sur ce qui avait été observé chez les animaux. Or, ce qui vaut pour une espèce ne vaut pas nécessairement pour une autre. Les chercheurs en font encore le constat aujourd’hui.
En Belgique, l’étude des maladies neurologiques figure parmi les principales raisons pour lesquelles des animaux sont utilisés dans les laboratoires. Depuis des décennies, des souris et d’autres animaux servent à étudier le système nerveux et à développer des traitements. Le 5 novembre 1999, le journal De Morgen titrait : « Des chercheurs de Louvain dévoilent la clé secrète de la démence ». Dans cet article, le professeur Bart De Strooper expliquait que la démence pourrait être guérie dans un avenir proche. Il déclarait même :
« L’industrie pharmaceutique a désormais les bonnes clés en main. D’ici trois ans, cela devrait déboucher sur un médicament. » Plus de vingt ans ont passé et, malgré l’usage intensif d’animaux dans ce domaine, aucun traitement curatif n’existe encore. Pire encore : des candidats médicaments efficaces chez les animaux se révèlent inadaptés ou inefficaces lorsqu’ils sont testés chez l’être humain. Trop souvent, les chercheurs plaident pour davantage d’expériences, au lieu de remettre en question les modèles animaux et de développer d’autres approches pour mieux comprendre les maladies.
C’est l’un des nombreux exemples qui montrent que les expériences sur les animaux produisent certes des informations, mais qu’elles ne sont pas aussi décisives pour la santé humaine qu’on le prétend souvent. Et alors que les méthodes sans animaux sont soumises à des évaluations particulièrement strictes et longues pour démontrer leur pertinence, l’expérimentation animale n’a jamais dû passer par un tel examen. Si elle reste la norme aujourd’hui, c’est avant tout pour des raisons historiques : elle existait bien avant l’émergence de méthodes substitutives.
Plus de 90% des médicaments qui passent les tests sur animaux échouent lorsqu'on les transpose à l'humain... Si une voiture tombait en panne 90% du temps, on ne dirait pas qu'elle est fiable.
Madeline Krasno - Directrice exécutive de Justify et ancienne employée d’un laboratoire de primates
Les animaux souffrent-ils ?
Les connaissances scientifiques et éthiques sur les animaux ont fortement progressé, tant parmi les chercheurs que dans l’ensemble de la société. Heureusement, les expériences menées aujourd’hui sur les animaux dans les universités et les entreprises pharmaceutiques ne ressemblent plus à celles d’autrefois. Pourtant, l’expérimentation animale est encore souvent présentée comme un « mal nécessaire ». Selon cette logique, s’y opposer reviendrait à s’opposer au progrès, y compris médical.
Même si l’expérimentation animale fournit incontestablement certaines informations, les mêmes questions qu’au temps des vivisections des siècles passés restent pleinement légitimes : les animaux souffrent-ils ? Et dans quelle mesure les connaissances obtenues grâce à ces expériences sont-elles réellement pertinentes ?
Dans l’ensemble de l’Union européenne, environ un million d’animaux sont utilisés chaque année dans des expériences provoquant des souffrances jugées « sévères ». Précisons toutefois que cette classification repose sur l’évaluation des chercheurs eux-mêmes. Il est donc probable que la souffrance réelle soit sous-estimée de manière systématique, ce qui signifie que le nombre effectif pourrait être plus élevé. En Belgique, le nombre d’expériences déclarées comme sévèrement douloureuses est particulièrement élevé : 83 000 par an. Cela place notre pays dans le top 5 européen.
Pour éviter cette souffrance animale au nom de la science et de la santé publique, GAIA réclame une politique ambitieuse qui favorise activement les méthodes sans animaux. Chaque région doit pour cela élaborer une stratégie claire, assortie d’objectifs concrets et graduels afin de réduire au strict minimum le nombre d’expérimentations animales. À terme, l’objectif est d’y mettre complètement fin.
Conformément à l’article 47 de la directive européenne 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques, les gouvernements des États membres doivent notamment contribuer au développement de méthodes alternatives (article 47, §1). Ils doivent également désigner des laboratoires de référence chargés de valider ces méthodes alternatives (article 47, §2) et en promouvoir l’utilisation (article 47, §4).
Les défis liés au développement de ces méthodes sont d’ordre technologique, mais aussi psychologique et pédagogique. Les chercheurs formés pendant des années à travailler avec des animaux de laboratoire ne changent pas de méthode du jour au lendemain. En outre, les formations accordent encore trop peu de place aux méthodes sans animaux, ce qui entretient, chez les nouvelles générations également, l’idée que l’expérimentation animale est nécessaire et appelée à le rester. À cela s’ajoute la lenteur du processus de reconnaissance internationale d’une méthode sans animaux comme alternative à part entière — ce qu’on appelle sa validation et sa mise en œuvre —, ce qui contribue au maintien à grande échelle de l’utilisation d’animaux dans les laboratoires. À titre d’exemple, des alternatives au douloureux test oculaire de Draize avaient déjà été mises au point dans les années 1980, mais n’ont été reconnues que très récemment par la réglementation.
Autrefois, pour tester l’irritation cutanée ou oculaire, on recourait au test dit de Draize. Il consistait à appliquer un produit sur la peau ou dans l’œil d’un lapin, le plus souvent, puis à observer l’apparition éventuelle d’irritations et de douleur. Aujourd’hui, il est possible d’utiliser des cellules de peau humaine, et le test de Draize cutané est désormais interdit. Pour évaluer les irritations oculaires sévères, on utilise également des cultures cellulaires, notamment à partir de la cornée humaine.
Créer un centre belge qui recherche des alternatives
Depuis 2009, la loi prévoit dans notre pays la création d’un Centre pour les alternatives à l’expérimentation animale, mais celui-ci n’a toujours pas vu le jour. Lors de la journée GAIA en octobre 2014, les ministres régionaux du Bien-être animal avaient pourtant promis de se concerter afin de créer un seul centre commun, plutôt que trois centres distincts pour la Flandre, la Wallonie et Bruxelles.
La loi du 9 juin 2009, adoptée par les autorités belges, précise clairement les missions de ce futur Centre pour les alternatives : stimuler la recherche, le développement et la validation de méthodes substitutives à l’expérimentation animale, notamment au moyen de tests de fiabilité et de pertinence.
Sur papier, cette loi répond aux exigences de la directive européenne relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques. Mais dans les faits, plus de onze ans après son adoption, le Centre belge pour les alternatives n’existe toujours pas. Les responsables politiques n’ont donc pas tenu leur propre engagement.
Pour GAIA, la création d’un tel Centre doit constituer une priorité pour les trois régions du pays. Il est évidemment essentiel qu’un budget suffisant soit prévu pour sa mise en place et son bon fonctionnement.
Réduire le nombre d’animaux utilisés avec des objectifs annuels fixes
Si les statistiques en matière d'expérimentation animale indiquent qu'il y a aujourd'hui moins d'animaux utilisés dans les laboratoires par rapport aux années 1990, il ne s'agit pas d'une diminution constante ou contrôlée, mais d'une évolution essentiellement aléatoire. Une réelle stratégie de Réduction concrète s'impose donc, en utilisant par exemple plusieurs approches (par domaine d'expérience – toxicologie...). GAIA revendique également la suppression des tests sur certaines espèces d'animaux, primates, chiens et chats en première instance, tout en oeuvrant pour l'ensemble des animaux de laboratoire.
Interdire les tests pour les produits ménagers
Dans l’Union européenne, l’expérimentation animale pour les cosmétiques est interdite. Depuis l’entrée en vigueur, le 11 mars 2013, du règlement européen (CE) n° 1223/2009, il n’est également plus permis de commercialiser des cosmétiques ayant fait l’objet d’expériences sur des animaux en dehors de l’UE. Pour les détergents, une avancée importante a aussi été confirmée en janvier 2026 dans le cadre de la révision du règlement européen : les tests sur animaux sont désormais interdits pour les ingrédients comme pour les produits finis relevant de cette législation.
Un progrès majeur, obtenu après plusieurs années de mobilisation de GAIA et Cruelty Free Europe. Mais cette interdiction reste incomplète : elle ne vaut que dans le cadre du règlement sur les détergents et n’empêche pas nécessairement des tests exigés par d’autres législations, comme REACH. Contrairement aux cosmétiques, il n’existe pas non plus d’interdiction de mise sur le marché pour des détergents testés sur des animaux en dehors de l’Union européenne.
Des alternatives existent pourtant déjà. L’ancienne méthode de Draize, qui consistait à appliquer des substances sur la peau ou dans les yeux de lapins pour observer l’irritation, a progressivement été remplacée par des méthodes sans animaux, notamment à partir de cellules humaines.
Découvrez notre liste de produits non testés sur les animaux.
Exiger plus de transparence
Actuellement, le SPF Santé publique ne diffuse que des statistiques annuelles du nombre d'animaux employés dans les laboratoires du pays. Ces statistiques sont une compilation des informations communiquées par les laboratoires, et n'offrent aucune indication sur les tests en eux-mêmes. GAIA demande que les autorités fournissent des données largement plus détaillées en accompagnement des statistiques annuelles : sur la nature des expériences effectuées sur des animaux, sur la souffrance infligée ou encore sur les expérimentations douloureuses réalisées sans anesthésie.
120 000+ animaux épargnés
Depuis le 10 juillet 2019, Cruelty Free Europe est la principale alliance d’organisations européennes menant des campagnes contre les tests sur animaux. GAIA est le représentant belge de cette Coalition, et à ce titre, nous cofinançons le travail de toxicologues, qui examinent et commentent systématiquement les propositions d’expériences sur animaux. Depuis le lancement du programme REACH en 2009 et grâce à des recours juridiques et à un travail de plaidoyer, Cruelty Free Europe et ses partenaires ont déjà épargné plus de 120 000 animaux destinés à des tests chimiques et à d’autres expériences dans l’Union européenne.
Ce travail montre qu’une autre voie est possible : une recherche plus moderne, plus rigoureuse et sans souffrance animale.
Que pouvez-vous faire ?
En magasin, cherchez des produits avec le label de Cruelty Free International. Vous pouvez aussi retrouver en ligne toutes les marques approuvées par ce dernier, et qui s’engagent à ne pas faire tester leurs produits sur des animaux :