À l’occasion de la Journée mondiale des animaux de laboratoire, célébrée le 24 avril, GAIA rend publiques des images tournées dans un laboratoire britannique travaillant pour des clients basés dans l’Union européenne. Dévoilées en partenariat avec l’organisation Animals International, ces images, issues d’une enquête menée pendant plusieurs mois, montrent des animaux soumis à des procédures de tests de toxicité impliquant immobilisation, exposition à des substances toxiques, gavage forcé et, à l’issue des protocoles, leur mise à mort. Elles révèlent de manière concrète l’intensité de la souffrance infligée : peur, stress extrême, douleurs physiques, détresse respiratoire, épuisement et, dans certains cas, une agonie si sévère que les animaux meurent pendant les tests ou doivent être abattus en raison de la gravité de leur état.
Rats, lapins, chiens, cochons, primates… Les images montrent des animaux utilisés dans des essais destinés à mesurer les effets nocifs de substances. Injections, inhalation forcée, administration par sonde, exposition cutanée : ces procédures visent à déterminer à partir de quelle dose une substance provoque des effets délétères, une maladie, voire la mort.
Derrière les termes techniques comme « essais d’innocuité » ou « évaluations de sécurité » se cache en réalité une violence inouïe. Des animaux sont enfermés dans des cages, manipulés à répétition, soumis à des protocoles éprouvants, puis abattus à l’issue des tests - y compris lorsqu’ils ont survécu aux procédures.
Dans certains cas, les animaux peuvent être exposés à des doses jusqu’à 100 fois supérieures à celles auxquelles des êtres humains seraient réellement confrontés. Ces essais sont notamment utilisés dans le développement de médicaments, mais aussi pour certaines substances chimiques industrielles, des pesticides ou encore certains additifs alimentaires.
Des images qui brisent le silence
Ces révélations montrent aussi le profond malaise moral qui existe au sein même des laboratoires. Si ces images ont pu sortir, c’est parce que des personnes confrontées chaque jour à la souffrance des animaux ont décidé de tirer la sonnette d’alarme.
Pour GAIA, leur geste rappelle une chose essentielle : même dans des environnements où ces pratiques sont banalisées, la souffrance animale reste impossible à ignorer.
GAIA lance une campagne nationale d’envergure
Face à ces constats, GAIA lance, à l’occasion de la Journée mondiale des animaux de laboratoire, une nouvelle campagne de grande ampleur en Belgique. Cette campagne, diffusée à la télévision, dans les cinémas et sur les réseaux sociaux, vise à sensibiliser massivement le grand public à la problématique de l’expérimentation animale, à renforcer la pression sur les décideurs politiques et à accélérer la transition vers des méthodes sans animaux.
La Belgique continue elle aussi à utiliser des animaux dans ce type d’essais. En 2024, 387.237 animaux ont été utilisés au total dans le cadre de l’expérimentation animale en Belgique, soit plus de mille animaux par jour. Parmi eux, 3.678 animaux l’ont été spécifiquement pour des essais de toxicité, soit un peu moins d'un pourcent de l’ensemble des animaux utilisés. Les chiffres varient fortement selon les régions.
En Wallonie, 566 animaux ont été utilisés en 2024, contre 519 en 2023. Les données disponibles donnent une idée du nombre d’animaux utilisés, mais pas toujours des espèces exactes concernées pour chaque test.
À Bruxelles, 92 animaux ont été utilisés en 2024, contre 110 en 2023. Il s’agit d’essais liés à l’alimentation, réalisés surtout sur des souris et des cobayes.
C’est en Flandre que l’activité est la plus importante : 3.020 animaux ont été utilisés en 2024, contre 2.158 en 2023. Les rapports montrent que des chiens, des chats et des primates non humains y sont utilisés dans l’expérimentation animale, mais sans permettre de savoir clairement quelles espèces sont utilisées dans chaque catégorie de tests.
7 Belges sur 10 veulent une interdiction progressive
Une enquête d’opinion menée par Dedicated à la demande de GAIA (entre le 2 et 12 février 2026) révèle un décalage majeur entre les pratiques actuelles et les attentes des citoyens. Trois quarts des Belges jugent l’expérimentation animale inacceptable ou n’expriment pas d’avis, tandis que 63 % estiment qu’elle devrait être interdite. 71 % des Belges soutiennent l’idée que les gouvernements devraient prendre des mesures pour interdire progressivement ces pratiques.
Un consensus très fort se dégage également sur les mesures à prendre. Une écrasante majorité soutient le renforcement des contrôles et des sanctions (93 %), l’interdiction des pratiques les plus douloureuses (92 %), la réduction progressive de l’expérimentation animale (85 %) et un financement accru des alternatives (83 %).
Par ailleurs, 79 % des Belges se déclarent favorables à une interdiction prioritaire des tests sur les chiens, les chats, les primates et les équidés.
Un manque de transparence
Pour GAIA, un autre problème majeur est le manque de transparence.
Les rapports officiels ne permettent pas de savoir clairement quels animaux sont utilisés dans quels tests, ni de mesurer précisément le niveau de souffrance lié à ces procédures. Quand des pratiques causent de telles souffrances à des animaux, le public a le droit d’avoir une information complète et claire.
Passez à l’action
L’Union européenne a interdit l’expérimentation animale pour les cosmétiques et les détergents. Mais dans d’autres domaines, ces tests restent encore autorisés, voire exigés.
Pour GAIA, il ne suffit plus de parler d’une transition future. Il faut maintenant des décisions concrètes : un calendrier clair avec des objectifs chiffrés, des changements dans la loi et davantage de moyens pour développer des méthodes sans animaux.
Remplacer ces essais est une nécessité éthique, mais aussi un enjeu de cohérence scientifique et politique.
Dites NON à ces tests cruels
Agissez maintenant via toxicity.inc/be