C’est une victoire majeure pour les animaux et pour GAIA. Le Conseil d’État a rejeté le 2 avril 2026 le recours en cassation introduit par Columbi Salmon, mettant ainsi un terme définitif au projet de méga-élevage de saumons à Ostende. Après six années de mobilisation, le permis est annulé de manière irrévocable.
Ce projet démesuré prévoyait l’élevage de près de trois millions de saumons atlantiques par an, ce qui en aurait fait le plus grand élevage de ce type en Europe. Les poissons auraient été confinés dans des bassins à très forte densité, jusqu’à 36 saumons par mètre cube, dans des conditions incompatibles avec leurs besoins fondamentaux.
Derrière ces chiffres se cache une réalité brutale : stress chronique, blessures, maladies, parasites, privation de tout comportement naturel. À l’état sauvage, les saumons parcourent des milliers de kilomètres. Dans un élevage industriel, ils sont réduits à survivre dans des bassins surpeuplés. Or, les connaissances scientifiques le confirment : les poissons sont des êtres sensibles, capables de ressentir la douleur.
C’est une victoire majeure, à la fois pour les animaux et pour l’État de droit. Ce projet industriel démesuré est définitivement enterré.
Cette décision constitue aussi une avancée importante sur le plan juridique. Le Conseil d’État reconnaît explicitement la légitimité de GAIA à agir en justice dans les dossiers liés au bien-être animal. Il confirme également que les intérêts des animaux, y compris ceux des poissons, peuvent être pris en compte dans les procédures environnementales.
Autre enseignement clé : une telle installation ne peut pas être considérée comme une activité portuaire liée à la mer. Le projet n’était donc pas compatible avec l’affectation du port d’Ostende.
Pour GAIA, cette décision envoie un message clair. Les projets industriels qui méprisent le bien-être animal ne resteront pas sans réponse. Après le refus d’un projet similaire à Baelen en 2023, cette nouvelle victoire confirme qu’une opposition déterminée peut faire reculer des projets inacceptables.
La dure réalité des élevages intensifs de poissons
Les élevages intensifs de poissons, comme le projet de Columbi Salmon à Ostende, causent une immense souffrance animale. Les saumons atlantiques, qui parcourent naturellement des milliers de kilomètres, sont confinés dans des bassins ou des cages surpeuplés. Avec une densité de 36 poissons par mètre cube, ils sont totalement privés de leur environnement naturel. Ils ne peuvent ni nager librement, ni chercher de la nourriture, ni se protéger des dangers, ce qui leur impose une vie de stress, de maladies et de souffrances.
Souffrance physique et psychologique pour les saumons
Les conditions de vie artificielles dans les élevages de poissons entraînent de graves problèmes de santé. En raison de la surpopulation, les poissons souffrent de stress chronique, ce qui affaiblit leur système immunitaire et les rend vulnérables aux maladies et aux parasites comme les poux de mer. Ces parasites provoquent des plaies douloureuses, freinent la croissance et perturbent l’alimentation des poissons. Beaucoup subissent de graves blessures dues à des infections, des éraflures ou des branchies endommagées.
Poux de mer et traitements cruels
Les poux de mer, qui se nourrissent du sang et de la peau des saumons, représentent un problème majeur dans les élevages. L’industrie piscicole utilise des traitements comme l’exposition des poissons à une eau extrêmement chaude ou à des pressions élevées pour éliminer ces parasites. Ces méthodes sont non seulement inefficaces, mais également cruelles : de nombreux poissons meurent pendant ces « traitements ». De plus, les poissons nettoyeurs, utilisés pour contrôler les populations de poux, subissent des conditions de vie médiocres.
Captivité à vie
Dans les élevages intensifs, les saumons sont privés de la possibilité d’exprimer leurs comportements naturels. Alors qu’à l’état sauvage ils parcourent de vastes distances pour se reproduire, en captivité, ils se retrouvent confinés à des espaces étroits où ils nagent sans but. Incapables de s’adapter aux variations de l’environnement, comme les fluctuations d’oxygène ou de température, ils subissent des souffrances accrues.
Les poissons ressentent la douleur
Des recherches scientifiques confirment que les poissons peuvent ressentir la douleur. Des études menées par les universités d’Édimbourg (2003) et de Liverpool (2019) prouvent que leur système de douleur est similaire à celui des mammifères. Les poissons manifestent même des changements comportementaux durables après des expériences douloureuses, ce qui souligne leur capacité à souffrir.
Souffrance des poissons lors de l’abattage
Dans de nombreux élevages, les saumons sont abattus sans étourdissement, ce qui signifie qu’ils meurent pleinement conscients. Même lorsque des méthodes comme l’étourdissement électrique ou un coup sur la tête sont utilisées, elles ne sont pas toujours efficaces, entraînant des souffrances inutiles.
Dommages environnementaux
Les impacts environnementaux des élevages de poissons sont dévastateurs. Les déchets, tels que les excréments et les restes de nourriture, polluent l’eau et les fonds marins, entraînant une perte de biodiversité et une eutrophisation, qui favorise la prolifération d’algues nuisibles. En outre, les produits chimiques et les antibiotiques utilisés pour lutter contre les maladies contaminent l’environnement, menaçant les populations de poissons sauvages.