Alors que son examen par le Conseil des ministres wallons est prévu ce jeudi, le projet de révision du Code wallon du Bien-être animal suscite une vive inquiétude parmi les organisations de protection animale. GAIA et l’Union Wallonne pour la Protection Animale (UWPA) – qui représentent ensemble plus de 150 000 membres - dénoncent un texte qui, loin de renforcer la protection des animaux, contient plusieurs reculs majeurs et des dispositions difficilement audibles.
Mobilisation à l’Élysette
GAIA et les associations de l’UWPA (Union Wallonne pour la Protection Animale) se sont mobilisées aujourd'hui à Namur devant le siège du gouvernement wallon, l’Élysette, pour tirer la sonnette d’alarme sur la réforme du Code wallon du Bien-être animal.
La mobilisation réunissait GAIA et l’UWPA, ainsi que plusieurs associations membres : Sans Collier, Animal Sans Toit, Les Petits Vieux ASBL, la SRPA Liège et ADT Rescue.
Ensemble, nous demandons des modifications substantielles et l’ouverture d’une véritable concertation afin que ce texte renforce réellement la protection des animaux en Wallonie.
Chiots, chatons et animaux sauvages
Parmi les mesures les plus préoccupantes figure la création d’un nouveau statut de « négociant » pour les vendeurs de chiens et de chats. Une telle évolution verrouille toute possibilité d’interdire l’importation de chiots et de chatons, alors même que ce commerce alimente des dérives bien connues et une souffrance animale massive.
Dans la même logique, le texte ouvre la porte à un rôle d’intermédiaire pour les animaleries dans la vente d’animaux sauvages non repris sur la liste positive, affaiblissant un principe clé de prévention.
Moins de contrôle sur des pratiques mutilantes
Le projet s’attaque aussi aux contrôles. Il prévoit un assouplissement des mesures de suivi concernant des pratiques pourtant strictement encadrées : la caudectomie chez les chevaux de trait et la coupe des oreilles chez les chiens. En supprimant l’obligation de notification à l’administration, on réduit la capacité de l’autorité publique à surveiller, vérifier et sanctionner.
Des animaux saisis… renvoyés vers l’exploitation ?
Autre point de bascule : la création d’un statut qui permettrait aux autorités de placer des animaux saisis pour maltraitance chez des éleveurs ou des engraisseurs. Cette disposition conduit à un risque évident : des animaux victimes de violences pourraient être réintroduits dans des circuits d’exploitation — voire être envoyés à l’abattoir — plutôt que d’être pris en charge dans une logique de protection et de réhabilitation.
Les grands absents : fourrure, kangourou, rodéos, poulets de chair…
Pendant ce temps, des dossiers essentiels restent absents du texte :
fourrure
viande de kangourou
rodéos
poulets de chair
castration à vif des porcelets
Autant de sujets majeurs, documentés, attendus, et pourtant évacués.
Des “mesures positives” trop floues pour être crédibles
Quelques éléments présentés comme « positifs » demeurent en outre flous et insuffisamment détaillés. L’exemple le plus parlant concerne l’abattage à domicile : une interdiction est annoncée, mais une dérogation subsiste pour des « professionnels »… sans définition claire de ce statut. Une réforme sérieuse ne peut pas reposer sur des zones grises.
Une réforme sans vraie concertation
Les organisations dénoncent également la méthode de travail du ministre wallon du Bien-être animal, Adrien Dolimont (MR), qu’elles jugent problématique. Les organisations actives dans la protection animale ont été informées mardi du contenu des dispositions du texte, sans réelle consultation préalable. Par ailleurs, les associations dénoncent l’attitude du ministre, accusant celles-ci de mensonge pour tenter de justifier ses choix politiques.
Ce projet contient plusieurs reculs majeurs et ignore des dossiers importants attendus depuis longtemps. Un Code du Bien-être animal devrait renforcer la protection des animaux, pas l’affaiblir. Dans l’état actuel du texte, nous parlons plutôt d’un Code du mal-être animal.
Nous découvrons des modifications importantes à la veille de leur adoption en première lecture par le gouvernement wallon, sans réelle concertation avec les organisations de protection animale. Une réforme d’une telle ampleur mérite un travail sérieux et transparent avec le secteur.
Face à ces nombreuses inquiétudes, GAIA et l’UWPA demandent des modifications substantielles du projet de Code et l’ouverture d’une véritable concertation avec les organisations de protection animale afin de garantir que la révision du Code serve réellement à améliorer la protection des animaux en Wallonie.