ADIEU, BRIGITTE, AVEC MA GRATITUDE ET MA RECONNAISSANCE ÉTERNELLES
Par Michel Vandenbosch
Président de GAIA
22 mars 2019. Il se passe quelque chose de difficilement descriptible au moment où elle entre dans la pièce chaleureuse où Ann De Greef, la directrice de GAIA, et moi l’attendons, le cœur battant. Je suis soudain traversé par une énergie intense qui envahit toute la pièce. Avec un profond respect, je ressens l’impact du charisme exceptionnel d’une femme unique, mondialement connue, qui ne laisse personne indifférent. La femme qui nous salue chaleureusement est… Brigitte Bardot.
Ann et moi sommes à Paris, dans les bureaux de la Fondation Brigitte Bardot. Brigitte considérait manifestement ce moment comme spécial elle aussi, puisqu’elle fit ouvrir une bouteille de champagne après avoir reçu son GAIA Life Achievement Award : une œuvre d’art originale, créée spécialement pour elle, représentant deux mains entourant les animaux avec amour et protection — ces animaux pour lesquels elle s’est battue avec une passion inlassable pendant un demi-siècle. Sa plus belle récompense, nous confia-t-elle.
Mais hier matin, la triste nouvelle est tombée. Brigitte Bardot n’est plus. Son combat incessant pour les animaux a pris fin. Elle avait 91 ans.
Chère Brigitte,
Je t’ai rencontrée à plusieurs reprises et, à chaque fois, ce fut un privilège de t’entendre prendre la défense des animaux. Chaque rencontre avec toi était unique. À chaque fois, ton ardeur sincère me donnait encore plus de force pour continuer le combat et faire avancer la cause animale.
Nous avons mené ensemble la lutte contre les cruelles courses de chevaux de rue à Sint-Eloois-Winkel et Krombeke. Nous avions même l’intention d’y atterrir en hélicoptère et de participer à une manifestation pour laquelle le ministre de l’Intérieur de l’époque s’attendait à la présence de 2 000 participants. L’objectif était d’empêcher qu’un seul cheval ne prenne le départ. Cette manifestation fut annulée lorsque le ministre compétent interdit ces courses.
Tu nous as soutenus dans notre combat contre les transports de bétail sur de longues distances. Je n’oublierai jamais ce jour de 1995 où, côte à côte dans le GAIA Action Truck à Bruxelles, avec quelque 2 000 manifestants, nous avons fait front contre l’horreur insoutenable du transport international de bétail.
Par la suite, tu m’as invité à dîner au restaurant et tu as voulu que je sois assis à tes côtés. Tu n’as pas terminé ton assiette de frites et tu me l’as tendue en me demandant si je voulais bien finir ce qu’il restait. Ce que j’ai fait.
Nous nous sommes également retrouvés à Genève, où nous avons témoigné devant le Tribunal international des droits des animaux des atrocités commises sans pitié par les chasseurs de phoques canadiens. Tu étais la pionnière de la lutte contre la chasse aux phoques. Avec ton style fougueux, tu as livré un plaidoyer enflammé pour son interdiction. En 2009, l’Union européenne a finalement instauré une interdiction du commerce des produits dérivés du phoque. Nous nous étions battus pendant des années pour y parvenir. Depuis lors, des millions de phoques ont été sauvés. La victoire dont tu étais la plus fière, m’as-tu confié.
En 2019, une lettre ouverte de ta main est parue dans les médias belges. Tu y appelais les supermarchés de notre pays à répondre favorablement à la demande de GAIA de cesser la vente de viande de kangourou.
Dans ton livre « Larmes de combat », un véritable joyau, tu me mentionnes — ce que je considère comme un immense honneur et une marque de reconnaissance très particulière.
Chère Brigitte,
Tu portais GAIA dans ton cœur. Sache que c’était réciproque. Tu m’as un jour confié que tu pensais n’avoir rien accompli pour les animaux. Permets-moi de te contredire avec force. Tu as, mieux que quiconque, sensibilisé et éveillé des générations entières à la souffrance qui frappe tant d’animaux sans défense. Non seulement dans ton pays, mais dans le monde entier.
Comme personne d’autre, tu as consacré la moitié de ta vie à la protection des animaux. Tu l’as fait avec ton cœur et ton âme. Le cœur sur la main, parfois les mots crus, mais toujours avec une sincérité totale dans tes émotions. Tu étais authentique. De ton vivant déjà, tu étais une légende pour les animaux. Une légende tu resteras. Même dans cette seconde vie de combattante pour les animaux, tu fus une icône inégalée. Les animaux sont aujourd’hui en deuil, mais tu resteras à jamais leur ange gardien.
Madame Bardot, Brigitte, ce fut et cela restera pour moi un immense honneur de t’avoir connue comme une femme passionnée, chaleureuse, tendre, pleine d’affection et de combativité pour ceux qui t’étaient les plus chers : les animaux.
Ma gratitude et ma reconnaissance éternelles,
Bien chaleureusement,
Michel
GAIA salue la mémoire d’une défenseuse sans égale
C’est avec une profonde tristesse que l’organisation de défense des droits des animaux GAIA a appris le décès de Brigitte Bardot. Figure emblématique et pionnière du mouvement pour les droits des animaux, elle laisse derrière elle un héritage immense, en France comme bien au-delà de ses frontières.
Les animaux sont en deuil. Une icône du mouvement pour les droits des animaux nous a quittés. C’est une perte immense pour le mouvement mondial de défense des animaux.
Une grande dame du mouvement animaliste
« J’avais déjà rencontré Brigitte à plusieurs reprises, mais lorsqu’elle nous a reçus dans les bureaux de la Fondation Brigitte Bardot à Paris, j’ai été profondément impressionné par son charisme exceptionnel, qu’elle rayonnait encore à l’âge de 85 ans », se souvient Michel Vandenbosch.
« Une place de choix est réservée à la “grande dame” Brigitte Bardot dans le livre d’histoire du mouvement de défense des animaux. »
GAIA adresse ses pensées les plus sincères à la Fondation Brigitte Bardot et rend hommage à une femme dont la voix, la détermination et le courage continueront d’inspirer les générations futures.