Difficile de les manquer si vous passez par la place de la Monnaie ou la place De Brouckère, à Bruxelles. Sur deux affichages géants de GAIA, un mouton verse une larme de sang. Le message est clair : il est temps que Bruxelles mette fin à l’abattage sans étourdissement.
Alors que la Wallonie et la Flandre ont interdit l’abattage sans étourdissement depuis 2019, Bruxelles reste largement à la traîne. Des propositions pour faire évoluer la situation sont pourtant sur la table. Mais pour l’instant, elles ne sont pas examinées.
Envoyez dès aujourd’hui un e-mail aux députés bruxellois et demandez-leur de briser l’immobilisme politique
L’immobilisme du MR et des Engagés, soutenus par le PS et le PTB
Le 22 avril, une nouvelle tentative a été faite pour inscrire le Code bruxellois du bien-être animal à l’ordre du jour de la commission compétente. Le MR et Les Engagés ont refusé qu’elles soient examinées. Pourtant, ces propositions contiennent des mesures susceptibles d’améliorer la vie de milliers d’animaux, dont l’interdiction de l’abattage sans étourdissement.
Les textes sont là. La science est claire. La justice s’est prononcée. Pourtant, certains députés refusent jusqu’ici que le Parlement en débatte. Combien de temps encore faudra-t-il attendre ? Nous leur demandons de briser cet immobilisme politique afin que les animaux cessent d’en payer le prix.
8 Bruxellois sur 10 veulent une interdiction
Le changement bénéficie également d’un large soutien parmi les Bruxellois. Selon une enquête Ipsos réalisée pour GAIA en février 2024, 80 % des Bruxellois considèrent l’interdiction de l’abattage sans étourdissement, y compris dans le cadre de l’abattage rituel, comme une mesure importante pour améliorer le bien-être animal. Par ailleurs, 93 % se préoccupent du bien-être animal et près de 7 Bruxellois sur 10 estiment que les animaux souffrent beaucoup lorsqu’ils sont abattus sans étourdissement.
La question de l’abattage sans étourdissement peut même influencer leur choix électoral. Un Bruxellois sur trois (32 %) déclare qu’il voterait pour un autre parti si celui qu’il soutient refusait d’interdire cette pratique.
Une grave souffrance largement évitable
Lors d’un abattage sans étourdissement, la gorge de l’animal est tranchée alors qu’il est encore conscient. Le consensus scientifique est clair : cette pratique entraîne des souffrances importantes et évitables. La Federation of Veterinarians of Europe (FVE), qui représente plus de 300 000 vétérinaires, ainsi que l’Union Professionnelle Vétérinaire belge considèrent l’abattage sans étourdissement préalable comme inacceptable.
Sur le plan juridique également, l’argument selon lequel une interdiction serait contraire à la liberté de religion a été examiné à plusieurs reprises. La Cour de justice de l’Union européenne et la Cour constitutionnelle belge ont toutes deux confirmé que l’obligation d’étourdir les animaux avant l’abattage est compatible avec la liberté de religion.
La Cour européenne des droits de l’homme a également jugé que les interdictions en vigueur en Flandre et en Wallonie ne constituent ni une violation de la liberté de religion ni une discrimination.
Enfin, des pays à forte majorité musulmane, parmi lesquels l’Indonésie, la Malaisie, l’Arabie saoudite et la Jordanie, acceptent depuis longtemps l’importation et la consommation de viande provenant d’animaux préalablement étourdis.
En Nouvelle-Zélande également, l’un des plus grands exportateurs de viande halal au monde, les animaux abattus rituellement sont préalablement étourdis.
Faites entendre votre voix
Envoyez un e-mail aux députés bruxellois compétents. Demandez-leur d’inscrire enfin le Code bruxellois du bien-être animal à l’ordre du jour.