Signez la pétition
En Belgique, les chevaux sont principalement détenus pour la compagnie, le loisir ou le sport. Pourtant, ils peuvent encore être envoyés à l’abattoir et entrer dans la chaîne alimentaire.
À l’occasion de la Journée mondiale des animaux, GAIA demande une rupture claire : reconnaître les équidés comme animaux de compagnie et les sortir définitivement de la chaîne alimentaire.
Du cheval dans les snacks de 3 friteries sur 4
En août 2026, GAIA a fait analyser par un laboratoire accrédité 123 snacks couramment vendus dans 25 friteries réparties en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre : boulettes, hamburgers, croquettes, frikandels…
Les résultats : dans 76 % des friteries testées, au moins un produit contenait de l’ADN de cheval. Au total, 27 % des snacks analysés étaient positifs. Des résultats positifs ont été relevés dans tout le pays : 70 % des friteries testées en Wallonie, 80 % à Bruxelles et 80 % en Flandre.
des friteries testées avaient au moins un produit positif
contenait de l’ADN de cheval
Ces résultats sont également corroborés par les informations et listes d’ingrédients publiées sur les sites internet de producteurs et revendeurs, où la présence de viande de cheval apparaît à plusieurs reprises.
Pourtant, les produits analysés n’étaient pas présentés comme étant à base de viande de cheval. Pour les denrées non préemballées, la législation n’impose généralement pas de préciser l’espèce animale utilisée. Un consommateur peut donc manger du cheval sans le savoir.
Cette enquête porte sur les 25 établissements testés et ne permet pas d’extrapoler ses résultats à l’ensemble des friteries belges.
Compagnon dans nos vies, viande dans nos assiettes
La Belgique compterait environ 400 000 équidés, principalement détenus pour le loisir, le sport et la compagnie. Dans le même temps, 1 662 équidés ont encore été abattus dans les abattoirs belges en 2025, soit à peine 0,4 % de la population équine estimée.
En 2025, notre pays a importé 12 268 tonnes de viande de cheval, soit un volume estimé équivalent à 38 500 équidés.
Pour GAIA, il ne s’agit donc pas de simplement déplacer le problème à l’étranger : la commercialisation de viande d’équidés doit également être interdite.
Nous avons déjà fait du cheval un compagnon dans nos vies. Il est temps que la loi en tire les conséquences. Plus d’abattoir, plus de viande de cheval dans nos commerces et nos assiettes.
Une filière marquée par les fraudes et la souffrance
La filière est régulièrement confrontée à de graves problèmes de traçabilité.
Lors de contrôles menés par l’AFSCA entre décembre 2020 et juin 2021, 35 des 230 passeports de chevaux examinés étaient falsifiés, soit plus d’un sur sept.
Et le problème persiste. En septembre 2026, une nouvelle enquête internationale impliquant notamment la police judiciaire fédérale, l’AFSCA et Europol a porté sur la réintroduction présumée dans la chaîne alimentaire de chevaux qui en étaient exclus, parmi lesquels des chevaux de sport. Parmi les pratiques suspectées : falsification de passeports et utilisation de doubles puces électroniques.
À ces problèmes de traçabilité s’ajoutent les souffrances liées au transport et à l’abattage. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) documente notamment des risques de peur, de stress, de blessures et de souffrance pour les équidés au cours de ces différentes étapes.
Des années d’enquêtes et de victoires pour les chevaux
Le combat de GAIA contre la viande chevaline ne date pas d’aujourd’hui.
Depuis plus de quinze ans, GAIA documente les conditions de détention, de transport et d’abattage des chevaux destinés à la consommation, notamment en Amérique latine. Ces enquêtes et les échanges avec GAIA ont poussé plusieurs grandes enseignes à revoir leurs pratiques.
2010 - Colruyt et Makro décident de s’approvisionner uniquement dans l’Union européenne.
2011 - Lidl Belgique cesse de vendre de la viande chevaline.
2015 - L’Union européenne suspend les importations de viande de cheval en provenance du Mexique.
2017 - Aldi met fin à la vente de viande chevaline d’Amérique latine.
2019 - Aoste et Albert Heijn suspendent leurs achats de viande chevaline d’Amérique du Sud.
Une avancée majeure en 2024
En octobre 2024, Carrefour, dernière grande enseigne belge à vendre encore de la viande chevaline d’Amérique du Sud, annonce qu’elle y mettra fin. Dès lors, suite aux campagnes de GAIA, plus aucune grande enseigne en Belgique ne commercialise de viande chevaline sud-américaine.
Quelques jours plus tard, de nouvelles images diffusées par GAIA documentent à nouveau les souffrances de chevaux destinés à l’exportation de leur viande depuis l’Argentine vers l’Europe : mauvais traitements, privation de nourriture et d’eau et conditions de transport et d’abattage particulièrement problématiques.
Ces avancées ont permis de réduire la présence de viande chevaline issue de certaines filières particulièrement problématiques. Mais elles ne règlent pas le problème de fond : tant que les équidés restent intégrés à la chaîne alimentaire, ils peuvent toujours être abattus et leur viande commercialisée.
Le cheval doit sortir de la chaîne alimentaire
En 2026, GAIA veut aller plus loin et demande la reconnaissance des équidés comme animaux de compagnie et leur exclusion de principe de la chaîne alimentaire.
Reconnaître les équidés comme animaux de compagnie
Faire de leur exclusion de la chaîne alimentaire le principe pour l’ensemble des équidés.
Mettre fin à leur abattage pour la consommation humaine
Interdire leur abattage dans les trois Régions et leur exportation à cette fin.
Mettre fin à la commercialisation de viande d’équidés
Interdire en Belgique la commercialisation de viande d’équidés, quelle que soit son origine, y compris lorsqu’elle entre dans la composition de produits transformés.
Un précédent existe déjà en Europe
Une telle évolution ne serait pas inédite. Depuis 2021, la Grèce interdit notamment l’élevage, l’exportation et l’utilisation des équidés pour la production de viande.
GAIA demande que la Belgique adopte à son tour une législation excluant les équidés de la chaîne alimentaire.
Leur place est à nos côtés. Pas dans nos assiettes.
Pas seulement les chevaux
Les chevaux ne sont évidemment pas les seuls animaux à souffrir pour finir dans nos assiettes. Chaque année, des millions d’animaux sont élevés, transportés et abattus pour leur viande.
Pour GAIA, chaque pas vers une alimentation plus végétale permet de réduire cette souffrance. Et aujourd’hui, les alternatives sont nombreuses.
Envie de manger davantage végétal ? Découvrez nos guides vegan.
Une campagne visible partout en Belgique
Pour faire entendre ce message au plus grand nombre, GAIA lance une campagne nationale contre la viande de cheval, avec des spots radio et des affichages dans l’espace public.