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cochon
15 Juin 2026

GAIA rend aujourd’hui publiques des images tournées entre février et avril 2026 à l’abattoir d’Ath, où 20.000 moutons sont abattus chaque année. Ces images révèlent des actes de maltraitance d’une gravité exceptionnelle et montrent des pratiques totalement contraires à la législation européenne et wallonne relative à la protection des animaux au moment de leur mise à mort.

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Au vu de la gravité exceptionnelle des faits constatés, de leur répétition sur plusieurs mois et de leur caractère structurel, GAIA demande au ministre wallon du Bien-être animal, Adrien Dolimont (MR), d’ordonner sans délai la fermeture immédiate de l’établissement. L’association de défense des animaux a également déposé plainte avec constitution partie civile auprès du juge d'instruction de Mons et demande aux autorités compétentes d’ouvrir une enquête approfondie sur l’ensemble des faits révélés aujourd’hui.

Les images ont été analysées par une experte vétérinaire indépendante. Son rapport décrit un schéma récurrent de manquements graves dans les procédures d’abattage ainsi que des souffrances animales évitables.

Coups, électrochocs et actes de cruauté

Les images révèlent également de nombreux actes de brutalité et de cruauté envers les animaux. Des moutons et des agneaux sont projetés dans des bacs, saisis par une patte ou par la laine, traînés au sol et frappés. Des chèvres sont déplacées de manière brutale. Des bovins reçoivent des coups et des décharges électriques.

Particulièrement choquantes, plusieurs séquences montrent l’utilisation d’aiguillons électriques au niveau des organes génitaux et de l’anus de bovins incapables de se relever. D’autres images montrent des animaux incapables de marcher qui sont frappés et brutalisés.

Il s’agit de défaillances répétées de l’étourdissement, d’actes de brutalité et de cruauté qui se reproduisent pendant plusieurs semaines. Les animaux concernés subissent des souffrances graves, infligées volontairement.

Sébastien de Jonge
Directeur des opérations chez GAIA

Après analyse des images, je ne peux pas parler de simples incidents isolés. Ce qui apparaît sur les images révèle un schéma récurrent de graves défaillances dans les procédures d’abattage. Certaines séquences se distinguent par leur gravité exceptionnelle et par l’importance des souffrances animales qui les accompagnent.

Catherine Geutjens
Vétérinaire indépendante

Un abattoir d’éleveurs locaux soutenu par les pouvoirs publics

Mis en service en 1958, l’abattoir d’Ath était jusqu’à récemment un abattoir communal. Depuis le 1er janvier 2026, il est officiellement exploité par la coopérative WapiMeat, créée en juin 2025 par quinze éleveurs, bouchers et acteurs de la filière viande de Wallonie picarde. Environ 20.000 moutons y sont abattus chaque année. L'abattoir d'Ath concentre ainsi à lui seul près de deux tiers de l'activité d'abattage ovin de la Région.

WapiMeat bénéficie de subsides de plusieurs communes, dont Ath, Beloeil, Chièvres, Leuze-en-Hainaut, Mouscron et Péruwelz, qui ont investi dans le projet afin de maintenir un outil d’abattage de proximité destiné aux éleveurs locaux.

Parmi les fondateurs et coopérateurs de WapiMeat figure Aurélien Holvoet, agriculteur athois devenu récemment une figure médiatique nationale après avoir déversé plusieurs tonnes de pommes de terre sur la Grand-Place de Bruxelles lors d’une action de protestation agricole. Cette action lui avait valu un important soutien populaire ainsi qu’une cagnotte de solidarité ayant récolté plus de 35.000 euros en quelques jours.

Cet abattoir a été présenté comme un projet porté par des éleveurs locaux soucieux du bien-être animal, soutenu par les communes et destiné à préserver une filière de proximité. Les images que nous révélons aujourd’hui montrent une réalité radicalement différente.

Sébastien de Jonge
Directeur des opérations chez GAIA

Une nouvelle démonstration de l’échec du système de contrôle

Au-delà du cas de l’abattoir d’Ath, GAIA estime que cette affaire démontre une nouvelle fois les lacunes du système de contrôle des abattoirs.

L’association demande que les images issues de la vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs fassent l’objet d'une analyse automatisée par intelligence artificielle, avec transmission automatique des alertes aux autorités compétentes. GAIA demande en outre des inspections inopinées plusieurs fois par an dans chaque établissement, un renforcement substantiel des moyens de contrôle ainsi que des sanctions réellement dissuasives.

Rapport détaillé d’analyse du matériel vidéo d’abattoir - vétérinaire Catherine Geutjens
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