Une nouvelle législature, de nouveaux défis


En ce début de législature, vous avez entre vos mains une responsabilité essentielle : celle de façonner un avenir plus éthique et respectueux pour tous les êtres vivants. Et si, durant ces prochaines années, le bien-être animal devenait une priorité au cœur de vos décisions ?

Depuis 1992, GAIA se bat sans relâche pour une meilleure protection des animaux en Belgique. Grâce à nos efforts, de nombreuses avancées ont vu le jour, mais le chemin reste long. Chaque année, des milliards d’animaux continuent de souffrir dans de cruelles conditions. 

Découvrez dès maintenant les grands défis du bien-être animal de ce mandat et comment vous pouvez devenir un acteur clé de ce changement.

 

Les grands enjeux pour la Wallonie 

expérience animale - Wallonie

Expérimentation animale : la nécessité d'une stratégie

 

Un rapport de la Commission européenne de 2023 classe la Belgique au 5e rang des pays de l'UE où le nombre d'expériences douloureuses est le plus élevé. En 2023, 168.051 animaux ont été utilisés dans les laboratoires wallons, souvent dans des conditions de stress et de souffrance intenses. Pour réduire ce nombre d’animaux mis à mort et réduire ces statistiques graduellement d’année en année, une politique réellement ambitieuse est indispensable.


Pour ce faire, GAIA demande à la Wallonie une stratégie claire. Concrètement, les priorités suivantes doivent être développées :

Si les statistiques en matière d'expérimentation animale indiquent qu'il y a aujourd'hui moins d'animaux utilisés dans les laboratoires par rapport aux années 2010, il ne s'agit en aucun cas d'une diminution constante ou contrôlée, mais d'une évolution essentiellement aléatoire.

En 2023, environ 0,09 % du budget scientifique wallon a été investi dans la recherche sur les alterna-
tives à l'expérimentation animale (270.000 euros sur 300 millions d'euros).

Celle-ci permettra de contribuer au développement et au financement de méthodes alternatives à l'expérimentation animale.

Actuellement, le SPW ne diffuse que des statistiques annuelles du nombre d’animaux employés dans les laboratoires wallons. Ces statistiques sont une compilation des informations communiquées par les labo-
ratoires. GAIA demande que les autorités fournissent des données largement plus détaillées, notamment : sur la nature des expériences effectuées sur des animaux, sur la souffrance infligée ou encore sur
les expérimentations douloureuses réalisées sans anesthésie

Nous réclamons fermement l'interdiction des expériences sur les chiens et les chats (87 % des Wallons y sont favorables) en raison de la place qu'ils prennent dans la société et dans les foyers, ainsi que sur les primates (84 %), en raison du consensus scientifique sur leurs facultés de sensibilité et de conscience complexe.

Le gavage forcé : il est temps d'évoluer 

 

L'ancienneté ou la proximité géographique d'une pratique ne lui confère pas un passedroit moral. S'il faisait partie d'une particularité gastronomique d'une autre culture que la nôtre, le gavage pour la fabrication de foie gras serait sans doute unanimement perçu comme une cruauté sans nom. D'ailleurs, le gavage est interdit dans la majorité des pays de l'UE, de manière implicite ou explicite. Seuls quatre pays ainsi que la Région wallonne continuent d'autoriser cette pratique.

 

La majorité des citoyens ont désormais identifié la souffrance qu'implique le gavage pour les canards et les oies. Un sondage IPSOS de 2024 révèle que 80 % des Wallons jugent essentiel de mettre un terme à cette pratique inacceptable.

 

foie- gras - gavage Wallonie

Pour quelques producteurs encore en activité, la Wallonie continue pourtant d'autoriser cette pratique d'élevage qui provoque une souffrance animale scientifiquement avérée, dont les citoyens réclament majoritairement l'interdiction, qui nuit à son image sur le plan international, et pour laquelle il existe des alternatives (foie fin sans gavage).

GAIA demande l'interdiction du gavage en Wallonie, en suivant l'exemple donné par la Région bruxelloise en 2017 et la
Flandre en 2019, ainsi qu’une interdiction de la vente de ce produit issu d’une méthode de production cruelle.

poulet de chair - Wallonie
poulet de chair - wallonie
poulet de chair - wallonie
poulet de chair - wallonie

Stop à la souffrance industrielle des poulets "de chair"

 

GAIA a révélé les résultats accablants d'une enquête en caméra cachée menée dans plusieurs élevages belges de poulets dits « de chair », mettant en lumière des conditions de vie insoutenables. La liste des horreurs découvertes est longue : animaux entassés, malformations des pattes, boiteries, brûlures au niveau des coussinets plantaires, troubles respiratoires, infections, présence d'oiseaux agonisants ou morts par centaines, etc. Le problème est structurel. Si le coût du poulet en magasin est si bas, c'est parce que ce sont les animaux qui en paient le prix. Plus de 90 % des poulets élevés en Belgique sont détenus dans des élevages de ce type.

Devant le nombre d'animaux concernés (300 millions chaque année en Belgique, dont près de 48 millions en Wallonie) et l'étendue de la souffrance, il est indispensable que la Wallonie applique des normes plus sévères pour l'élevage de poulets. Ces normes pourraient s'appliquer sans trop de difficultés, dans la mesure où l'élevage de poulets est sensiblement moins intensif au sud qu'au nord du pays. 

Concrètement, les principaux problèmes de bien-être animal sont provoqués par :

  • la souche de poulets utilisée, qui a été développée génétiquement pour que les oiseaux grossissent le plus vite possible, en +/- 40 jours ;
  • les conditions d'élevage : les oiseaux sont enfermés par plusieurs dizaines de milliers d’individus dans des hangars surpeuplés.

Une première étape consiste donc à imposer l'utilisation d'autres souches de poulets (à croissance plus lente), et à rendre les conditions d'élevage beaucoup moins intensives, avec, à minima : un maximum de 12 poulets par m² sans exception, et l'utilisation d'un revêtement de sol plus absorbant, pour éviter les concentrations élevées d'ammoniac.

La castration des porcelets : ça suffit ! 

Chaque année, 4,2 millions de porcelets mâles sont castrés en Belgique pour prévenir le risque d'apparition de l’odeur de verrat – une odeur désagréable lors de la cuisson de la viande de porc non castré – qui n'apparaît que dans une minorité des cas, et à laquelle seule une fraction des consommateurs est sensible. Ainsi, pour parer à ce risque réduit de désagrément, une majorité des porcelets mâles subissent
une ablation des testicules quelques jours après leur naissance.

 

Cette pratique, très douloureuse et traumatisante pour ces tout jeunes animaux, est d'autant plus condamnable que des alternatives existent et sont déjà utilisées. Il s'agit de vacciner les porcs contre l'odeur de verrat, ou de simplement les laisser « entiers », et de détecter à la chaîne d'abattage une éventuelle odeur. En outre, le marché belge s'est déjà grandement adapté à ces alternatives, puisque pratiquement toutes les chaînes de supermarchés se sont engagées à cesser de vendre de la viande de porcs castrés chirurgicalement.

castration des porcelets - Wallonie

Bien que des anesthésiques et analgésiques existent et peuvent avoir individuellement une fonction dans la réduction de la douleur ou l'interruption de la conscience pendant et après la castration du porcelet, l'administration d'un de ces médicaments, ou même d'une combinaison est insuffisante pour prévenir les souffrances sévères chez le porcelet.


Seule une interdiction de la castration des porcelets éliminera les souffrances graves et inacceptables subies par les porcelets pendant et après la castration. Selon un sondage IPSOS de 2023, pas moins de 87 % des Wallons souhaitent que la castration chirurgicale des porcelets soit interdite.

Stop à la vente de produits issus de la souffrance animale

 

En 2014, la Wallonie interdisait l'élevage d'animaux à fourrure sur son territoire, jugeant que cette production était à l'origine d'une grande cruauté. Une campagne de sensibilisation avait alors été lancée auprès des citoyens, en appelant à ne pas acheter de fourrure.

 

Par cohérence, la Wallonie doit désormais aller plus loin et interdire la commercialisation de la fourrure mais aussi d’autres produits issus de la souffrance animale :

Une telle interdiction de commercialisation serait entièrement justifiée devant l'envergure de la souffrance – il s'agit d'animaux sauvages détenus dans des cages ou trappés dans la nature – et du caractère futile que représente ce produit.

La Belgique est le premier importateur mondial de viande de kangourou pour la consommation humaine et joue donc un rôle clé dans sa chasse commerciale. Une chasse partiulièrement cruelle qui pose d'importants problèmes en matière de bien-être animal et génère une souffrance inacceptable

élevage fourrure - Wallonie

Pour que ces interdictions aboutissent, il faudra tenir compte de certains principes internationaux, comme les règles du libre échange des produits et des services. Ces règles ne sont cependant pas absolues, et de telles mesures sont possibles si elles sont correctement argumentées. Des antécédents peuvent d'ailleurs faciliter son introduction : la vente de fourrure est déjà interdite dans les villes de San Francisco et de Sao Paulo, ainsi qu'en Inde ; l'importation de fourrure de chien ou de chat est illégale dans l'UE pour des raisons morales ; et en 2009, l'UE interdisait également le commerce de produits dérivés de phoques, suite au rôle pionnier que la Belgique avait joué dans ce sens.


GAIA demande donc une interdiction de la vente de ces produits issus d’une torture aussi cruelle qu’inutile.

Vers la fin de la vente d'animaux sur les marchés 

 

Depuis 1995, la vente de chiens et de chats est interdite sur les marchés. Les poules, lapins, chèvres naines, cochons d’indes, … sont, quant à eux, toujours exhibés et vendus sur les marchés. Ils sont donc exposés au transport, à des conditions météorologiques souvent défavorables, à l’agitation, à l’enfermement dans des cages,etc.

Tous ces facteurs sont source de stress pour les animaux qui sont contraints de vivre dans des lieux ne répondant pas à leurs besoins physiologiques et éthologiques. Cette pratique génère en outre des achats impulsifs qui portent souvent préjudice au bien-être des animaux. Ceux-ci peuvent se retrouver chez des propriétaires ne connaissant pas suffisamment leurs besoins ou n’ayant pas les moyens financiers nécessaires pour s’en occuper correctement. Le regroupement d’animaux sur des marchés représente également un risque de propagation de maladies animales infectieuses. 

Pour ces raisons, GAIA demande une interdiction de la vente et de l’exploitation de tous animaux vivants sur les marchés.

seb de jonge

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Si vous avez des questions ou souhaitez échanger avec GAIA sur les thématiques de bien-être animal, n’hésitez pas à contacter Sébastien de Jonge, Directeur des Opérations, à l’adresse suivante : sebastien.dejonge@gaia.be