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Jane Goodall still
Jane Goodall, éminente scientifique de renommée mondiale, plaide aux côtés de GAIA devant le parlement flamand en faveur de l'abandon progressif de la captivité des dauphins de Bruges.
6 Mars 2024

 

Bruxelles, mercredi 6 mars 2024 – Ce matin, la commission du Bien-être animal du Parlement flamand a auditionné des experts au sujet de la proposition de décret relative au « bien-être des dauphins », initiée par Els Ampe (Voor U). Jane Goodall, la célèbre ambassadrice de la paix des Nations unies et anthropologue/biologiste de renommée mondiale, dont les recherches sur les chimpanzés dans leur biotope ont permis d'acquérir des connaissances scientifiques novatrices et de révolutionner la primatologie, était également présente. Dans une vidéo, le Dr Jane Goodall a exposé les raisons de son opposition à la détention de cétacés en captivité, plaidant en faveur d'une cessation progressive de la détention des dauphins au delphinarium du parc marin Boudewijn Seapark de Bruges : « Aucun delphinarium, pas même celui de Bruges, ne peut répondre aux besoins de ces magnifiques mammifères. »"

 

Jane Goodall milite depuis des décennies en faveur des droits et de la protection des animaux. En 2023, elle avait déjà adressé un message vidéo au ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts (N-VA), pour lui faire part de son inquiétude concernant les dauphins du Boudewijn Seapark. Cette fois, ce sont les membres de la Commission du Bien-être animal du Parlement flamand qu’elle interpelle. Dans un nouveau message vidéo, Jane Goodall a informé les membres de la commission de la constitution d'un comité de recherche regroupant des experts spécialisés en dauphins, présidé par le Dr Koen Margodt, éthicien flamand. Ce dernier, qui était personnellement présent à l’audition de ce mercredi, a expliqué les raisons pour lesquelles Jane Goodall et lui soutiennent la proposition de décret d'Els Ampe et a plaidé pour le retrait des dauphins du delphinarium de Bruges.

Lors de l’audition, le président de GAIA, Michel Vandenbosch, a également exprimé son soutien à la proposition de décret d'Els Ampe. Il a notamment défendu sans équivoque les points suivants :

  • L’interdiction de remplacer les dauphins du delphinarium en cas de décès de ces derniers, en vue d’une réduction progressive (naturelle) du nombre de dauphins maintenus en captivité au delphinarium du Boudewijn Seapark de Bruges.
  • L'interdiction de l'élevage et de l'importation de dauphins supplémentaires ou de remplacement.
  • Le transfert des dauphins du Boudewijn Seapark vers une réserve marine, où ils pourront vivre en semi-liberté dans une baie ou un lagon d'environ 20 000 mètres carrés adapté à leurs besoins. 

Des délégués du delphinarium de Bruges et d'autres partisans des delphinariums et de la détention de dauphins en captivité ont également été entendus.

Le message de Jane Goodall : faites le bon choix pour les dauphins de Bruges

Dans son message à la Commission du Bien-être animal du Parlement flamand, Jane Goodall a souligné l'intelligence remarquable et la richesse émotionnelle des dauphins. Elle a notamment détaillé les conséquences néfastes de la captivité et des conditions de vie inadéquates qui la caractérise sur ces mammifères marins : mortalité précoce, dépression, comportements agressifs, …

 

Jane Goodall explique :

« Aucun delphinarium, pas même celui de Bruges, ne peut répondre aux besoins de ces magnifiques mammifères. Leur cadre de vie y est bien trop limité, beaucoup trop petit et trop monotone. De nombreuses études ont clairement démontré qu’il est grand temps de mettre un terme à la détention de dauphins dans des bassins. Ces magnifiques mammifères pourraient mener une vie plus naturelle et bien plus variée dans un environnement tel qu’une réserve marine plus vaste, dans une sorte de semi-captivité. L'Institut Jane Goodall gère avec succès plusieurs sanctuaires qui accueillent des chimpanzés sauvés de l’industrie du spectacle et d'autres situations de captivité. Il est absolument incroyable de voir comment, pas à pas, ils gagnent en confiance, nouent des amitiés et profitent de leur nouvelle liberté. Les dauphins méritent de se voir offrir les mêmes chances. Des efforts sont actuellement déployés dans de nombreux pays pour créer des réserves marines. Je vous implore donc de faire ce qui est nécessaire, de faire le choix éthique et d'assurer un meilleur avenir aux dauphins du delphinarium de Bruges. »

À Bruges, des comportements inquiétants ont en effet été observés chez certains dauphins.    

Le Code du Bien-être animal interdit la détention de cétacés en captivité... sauf à Bruges

Le nouveau Code flamand du Bien-être animal, récemment approuvé en troisième lecture par le gouvernement, sera soumis à l'examen de la Commission parlementaire du Bien-être animal le 13 mars prochain. Une des dispositions majeures de ce Code est l'interdiction de maintenir les cétacés en captivité. Mais selon Michel Vandenbosch, il s'agit d'une interdiction fictive.

Bien que le Code prévoie des interdictions d'élevage, d'exportation et d'importation, une exception a été accordée au Boudewijn Seapark. Celui-ci peut en effet continuer de détenir un maximum de six grands dauphins à condition qu'un bassin extérieur soit construit d'ici 2027. Le gouvernement flamand se réserve la possibilité d’imposer des conditions supplémentaires, mais le Code reste vague à ce sujet. En outre, le Code laisse la porte ouverte au transfert des dauphins dans un endroit plus adapté à leurs besoins après une évaluation de leurs conditions de vie et des alternatives existantes.

Michel Vandenbosch, président de GAIA, explique : « S'il s'avère qu'une alternative opérationnelle - telle qu'une réserve marine - peut offrir aux dauphins de Bruges des conditions de vie bien mieux adaptées à leurs besoins et à leur potentiel de déploiement, les dauphins devraient être transférés vers le site en question. »

Pas d’évaluation prévue avant 2037

Le Code sur le Bien-être animal ne prévoit la première évaluation qu’en 2037. Cela signifie que les dauphins de Bruges passeront encore au moins 13 ans en captivité avant que leur situation ne fasse l'objet d'une première évaluation. Pour GAIA, cette évaluation devrait avoir lieu beaucoup plus tôt.

« Je ne vois pas pourquoi cette évaluation ne pourrait pas avoir lieu beaucoup plus tôt. Elle devrait être effectuée dès qu'un sanctuaire marin, dans lequel les dauphins pourront vivre une vie meilleure en semi-liberté et s'épanouir, sera disponible », souligne Michel Vandenbosch. La proposition de décret d'Els Ampe prévoit d’ailleurs un premier examen d'ici à 2025. 

Fin progressive de la détention de cétacés

Vandenbosch a donc plaidé lors de l'audience pour une réduction progressive de la population de dauphins du Boudewijn Seapark à Bruges, telle qu'envisagée par la proposition de décret d'Els Ampe, ainsi qu'une interdiction de remplacement des dauphins décédés, d'importation et de reproduction, y compris une interdiction de relocalisation dans un autre delphinarium. D'autres conditions figurent dans la proposition de décret : la création d'un bassin extérieur de 1 000 mètres carrés par dauphin d'ici 2027 et, d'ici 2025 au plus tard, l'installation de parois plus poreuses dans les bassins afin de réduire, voire d’éliminer, les nuisances sonores importantes subies par les dauphins. Le verre acrylique en place actuellement ne permet pas d'absorber les ondes sonores, qui sont donc réfléchies contre les parois. 

 

Michel Vandenbosch : « La proposition de décret d'Els Ampe constitue une amélioration significative par rapport à l'« interdiction » contenue dans le code du bien-être animal, qui n'en est pas une en réalité. »

Du bassin à la baie

« Un transfert dans le sanctuaire pour dauphins de Lipsi, situé dans une vaste baie, offrirait aux dauphins de Bruges une meilleure qualité de vie pour le reste de leur existence. Il semble absurde que la possibilité d'une vie manifestement plus libre ne puisse être envisagée avant 13 ans », déclare Michel Vandenbosch« S'il existe une réelle possibilité que les dauphins de Bruges puissent passer du bassin du Boudewijn Seapark à une baie comme celle de Lipsi, où ils pourraient bénéficier d'un espace beaucoup plus grand qu'à Bruges, nous devrions leur donner cette chance afin de leur permettre de s'épanouir et vivre une existence digne de dauphins. »

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