Une lueur d’espoir…

Une lueur d’espoir…

GAIA informe
28 octobre 2012

Vendredi, 26 octobre, le jour de la Fête du Sacrifice, je me suis rendu sur le site d'abattage temporaire de Park Spoor Noord à Anvers, où, de 9h à 19h, 1700 moutons ont été abattus dans le respect de la loi mais sans étourdissement préalable. J'étais présent en ma qualité de président du conseil consultatif sur le bien-être animal d'Anvers (ADA), et afin de présenter par la suite un compte-rendu des événements à l'échevin du Bien-être animal et au Collège du Bourgmestres et des Echevins.

Presque chaque égorgement s'est mal déroulé et, avec la précision d'une horloge, il m'a fallu intervenir dans le but d'éviter des sévices plus graves encore pour les animaux. L'abattage rituel, même s'il a lieu selon les « règles de l'art » – effectué par un sacrificateur expérimenté, au moyen d'un couteau aiguisé et en un mouvement unique –, est toujours une cause de souffrance : dès le moment où la lame tranche les chairs du cou, les animaux se débattent avec vigueur. Leurs vifs mouvements du corps et de la queue sont des signes indéniables de peur et de douleur intenses.

J'ai pu constater combien ce mouvement rapide et unique de la lame était davantage l'exception que la règle. Dans le moins pire des cas, l'égorgement était réalisé en deux incisions ; mais le plus souvent il avait lieu en plusieurs mouvements de scie.

J'y ai vu deux moutons la gorge tranchée se relever sur le site d'abattage, en pleine conscience, et tenter de s'échapper. A un certain moment, je ne pus davantage supporter la vue des égorgements effectués par certains sacrificateurs, qui, malgré mes remarques répétées, se servaient de leur couteau comme d'une scie. Je les arrêtai immédiatement. « Stop, cessez les abattages. » L'un des sacrificateurs, blessé au bras, manquait invariablement ses mouvements. J'en informai le responsable de l'abattoir, lui intimant de relever sans attendre l'homme de sa « fonction ». Ce qu'il fit.

Plusieurs fois, certains animaux ont risqué de se voir suspendus et écorchés en étant toujours conscients. Il fallait souvent plus d'une minute avant que ceux-ci ne poussent leur dernier souffle. J'ai demandé aux personnes chargées de suspendre les animaux de s'assurer qu'ils étaient bien morts, en touchant du doigt leur globe oculaire. L'absence de réaction indiquait avec grande certitude la mort de l'animal. Une instruction qui a heureusement été suivie.

Les moutons ne doivent pas voir leurs congénères être abattus. Cette prescription du rite islamique n'en reste pas moins enfreinte systématiquement. J'ai également dû intervenir à répétition pour faire remarquer aux employés de l'abattoir que, selon leur propre croyance, un mouton ne pouvait voir un autre mouton utilisé pour le sacrifice, justement pour leur éviter un sentiment de peur. A chaque fois, l'on a remarqué que j'avais raison ; mais aucun des imams présents n'a veillé au respect de cette règle.

J'ai également dû intervenir à plusieurs reprises lorsque les béliers et moutons étaient traînés par les cornes, les pattes ou la queue, et soulevés par le pelage : autant de manœuvres interdites. Ou lorsque des animaux trop lourds, des béliers en train de se débattre, risquaient de tomber de la table de transport – ou finissaient par tomber – suite à de mauvaises manipulations. Et toujours, la panique dans les yeux des animaux...

Les inspecteurs de l'AFSCA présents ce jour-là ont observé les faits et pris des notes. Ils m'ont laissé faire, m'ont donné raison, mais pour ce que j'ai pu voir, ne sont intervenus qu'à de rares occasions. Pour vérifier si la lame n'était pas trop émoussée, par exemple. Cette passivité est-elle le résultat d'instructions de hautes instances ? « On pourrait passer la journée à intervenir », me lança un inspecteur. Oui, effectivement. C'est justement ce que j'ai fait.

Est-ce que tout cela en valait la peine ? J'ai fait ce que j'ai pu dans les circonstances données pour amoindrir la souffrance des animaux. Mais ils ont tous souffert. Cela, je n'ai pu l'empêcher. En guise de réconfort, je me dis que cette douleur aurait été bien pire pour beaucoup d'animaux si je n'avais pas été présent sur l'un des 81 sites d'abattoir temporaires. Par ailleurs, aucune chèvre n'a été amenée. La Ville d'Anvers a interdit leur abattage lors de la Fête du Sacrifice, sur la base d'un avis du conseil consultatif sur le bien-être animal. L'année dernière, j'avais été témoin de la souffrance des chèvres, la gorge tranchée, soulevées par une patte et criant de douleur, avant d'être jetées au sol où elles continuaient à se débattre pendant près de deux minutes. Nous avons au moins pu empêcher cela cette année.

Neuf moutons qui avaient été amenés à l'abattoir temporaire d'Anvers ont survécu à cette édition de la Fête du Sacrifice. Faute d'acheteur, ils sont retournés dans leur prairie. A un moment, l'un d'eux s'approcha de moi en bêlant et me poussa la main de la tête. Je le caressai doucement...

Plus tard, un musulman vint me trouver. Il n'avait pas fait abattre de mouton. « Monsieur Vandenbosch, je vous ai observé tout ce temps. Je me rends compte que ça a dû être difficile pour vous... » Dimanche matin, j'ai participé à un débat pour la télévision régionale anversoise, aux côtés d'un musulman membre du Conseil des Théologiens. Il m'a confirmé que plusieurs pays musulmans acceptaient l'étourdissement, et a entrouvert la porte vers une possible mesure similaire en Belgique. L'après-midi même, je recevais un courriel d'un autre musulman, qui avait visionné notre vidéo. Selon lui, si le prophète Mahomet vivait toujours aujourd'hui, il recommanderait sans aucun doute l'étourdissement en voyant comment cela a lieu à notre époque... L'espoir est permis...

Michel Vandenbosch, 29 octobre 2012

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