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Picture of Michel Vandenbosch and Philip Lymbery, co-writers of "Meat to Secure Our Future : Hope for Animals, Food Security, and the Environment"
L'Europe est confrontée à une décision cruciale. Des délégués d'Italie, de France, d'Autriche et d'autres pays se sont réunis au sein de la Commission AGRIFISH le 23 janvier 2024. Certains d'entre eux ont fait part de leurs inquiétudes concernant la viande cultivée, qu'ils considèrent comme une menace pour l'industrie actuelle. Toutefois, bon nombre de ces préoccupations ne sont pas fondées ou font référence à l'étude de l'UC Davis, qui n'a pas fait l'objet d'une évaluation par les pairs. De nombreux experts en viande cultivée soutiennent que l'étude de l'UC Davis ne dépeint pas une représentation fidèle de la réalité. Ils préfèrent se baser sur le rapport CE Delft - LCA, qui a pour sa part été soumis à une évaluation par les pairs. Ce rapport met en évidence le potentiel de la viande cultivée en tant qu'alternative plus durable. Au cours de la réunion de la Commission, les délégués des Pays-Bas et de la Norvège ont souligné l'importance de prendre en compte les avantages potentiels de la viande cultivée dans le cadre de leurs discussions.
7 Février 2024

La peur de l'inconnu prévaudra-t-elle chez nos dirigeants européens ? Ou adopteront-ils, à l'instar de nombre de leurs homologues d'autres continents, les nouvelles technologies avec un esprit ouvert, reconnaissant leur potentiel pour compléter et améliorer notre système alimentaire actuel ?

Explorant le potentiel de la viande cultivée pour résoudre les problèmes de cruauté, de changement climatique et de perte de biodiversité, un nouveau livre intitulé "Meat to Secure Our Future : Hope for Animals, Food Security, and the Environment" (« La viande pour assurer notre avenir : un espoir pour les animaux, la sécurité alimentaire et l'environnement ») constitue une initiative majeure des plus influents défenseurs des animaux en Europe, Michel Vandenbosch et Philip Lymbery.

Ce livre visionnaire, qui réunit un nombre impressionnant d'experts, sera présenté le 7 février au Résidence Palace, au cœur de Bruxelles, la capitale européenne. L'ouvrage a pour but d'informer, d'inspirer et de susciter des débats sur la viande cultivée. Il offre de nouvelles perspectives susceptibles d'entraîner des changements essentiels dans notre système alimentaire.

La viande cultivée constitue une percée significative : il s'agit de véritable viande produite à partir de cellules animales, éliminant ainsi le besoin d'abattage. L'ouvrage contient plusieurs chapitres rédigés par des experts de renommée internationale qui abordent différents thèmes tels que l'acceptation par les consommateurs, les implications pour la santé, l'impact sur l'environnement et les considérations religieuses. 

La viande cultivée pourrait être produite sur seulement un pour cent des terres agricoles actuellement utilisées pour la production de bétail. Le passage de la viande d’abattage à la viande cultivée pourrait entraîner une réduction de 85 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, et l'utilisation d'eau serait considérablement réduite. Les maladies communément associées au bétail et à la volaille, y compris celles qui sont transmissibles à l'homme comme l'ESB (maladie de la vache folle) et la grippe aviaire, pourraient être éradiquées. Contrairement à la viande conventionnelle issue de l'abattage, la viande cultivée n'a pas besoin de contenir des traces d'antibiotiques.

Le Premier ministre Winston Churchill avait anticipé l'idée de la viande cultivée dès 1932, déclarant : « Dans cinquante ans, nous échapperons à l'absurdité d'élever un poulet entier pour en manger la poitrine ou l'aile en cultivant ces parties séparément dans un milieu approprié. » 

Il fut un temps où il semblait impossible pour l'homme de ne pas se déplacer à l'aide d'un cheval et d'une charrette, mais l'histoire nous a prouvé que les choses peuvent évoluer. Les générations futures considéreront probablement avec dédain la pratique consistant à enfermer des animaux vivants dans des conditions déplorables pour satisfaire nos exigences alimentaires. Peut-être même nous qualifieront-ils d'imbéciles pour l'avoir perpétuée.

« Ce livre inspirant jette une lumière nouvelle sur les possibilités et les défis de cette innovation technologique. L'avenir de la viande est sans souffrance animale. La viande cultivée peut contribuer à sauver notre planète et la biodiversité, tout en épargnant à des milliards d'animaux une vie terrible dans les élevages industriels », déclare Michel Vandenbosch, cofondateur et président de l'organisation de protection des animaux GAIA.

« Il est de plus en plus urgent que l'humanité établisse une nouvelle relation avec la viande », affirme Philip Lymbery, directeur général de Compassion in World Farming et auteur primé. « Les gouvernements du monde entier doivent de toute urgence réorienter les investissements publics afin de ne plus soutenir la viande provenant d'animaux élevés dans des conditions déplorables. Ce soutien devrait plutôt être accordé à des sources alternatives de protéines, telles que la viande d'origine végétale et la viande cultivée. »

Jane Goodall, DBE, fondatrice de l'Institut Jane Goodall (JGI), ajoute : « Les élevages industriels infligent une cruauté inacceptable aux animaux sensibles et causent des dommages considérables à l’environnement. Ce livre démontre que la viande cultivée peut jouer un rôle crucial dans la transition vers un système plus humain et plus durable. »

Peter Singer, professeur de bioéthique à l'université de Princeton, conclut : « Produire de la viande à partir d'animaux à l'échelle industrielle, comme c'est le cas actuellement, est un désastre environnemental et pose un risque sérieux pour la santé publique. »