Souffrance animale insoutenable à l’hôpital universitaire de la VUB : les constatations accablantes d’une nouvelle enquête de GAIA en caméra cachée

Souffrance animale insoutenable à l’hôpital universitaire de la VUB : les constatations accablantes d’une nouvelle enquête de GAIA en caméra cachée

Action de GAIA
29 novembre 2016

« La Secrétaire d'Etat bruxelloise au Bien-être animal, Bianca Debaets, doit exiger un audit approfondi de l'Animalarium de la VUB, et suspendre son agrément concernant l'expérimentation animale »

Derrière les portes closes de l’Université libre néerlandophone de Bruxelles (VUB, campus de Jette), notre enquêtrice a infiltré les laboratoires de recherche de l’une des plus grandes universités de Belgique en tant que technicienne de recherche (soigneuse d’animaux) au sein de l’animalarium. Elle y a découvert un monde de cauchemar pour les animaux de laboratoire, allant de tests de routine douloureux, de manque de soins appropriés et de l’incapacité à traiter correctement les souffrances infligées aux animaux, à de la négligence généralisée, de la complaisance et du mépris pour leur bien-être. Dans une nouvelle enquête que l’association de défense des animaux a menée en caméra cachée de mars à juin 2016, GAIA révèle des faits accablants de souffrances graves infligées aux animaux (lapins, souris, rats et porcs) au sein des laboratoires de la VUB. « GAIA a observé de nombreux cas significatifs de souffrance animale et d’infractions à la législation en vigueur que notre enquêtrice a minutieusement enregistrées et documentées », explique le président de GAIA, Michel Vandenbosch. « Face à ces révélations, nous exigeons qu’une enquête exhaustive, indépendante et non-annoncée des pratiques exercées à l’animalarium de la VUB soit entreprise par les autorités compétentes de la Secrétaire d’Etat du Bien-être animal, Madame Bianca Debaets, et que soit tout au moins suspendu l’agrément d’avoir recours à l’expérimentation dans cet établissement. Ces mauvaises pratiques doivent cesser », précise t-il.

Pourquoi en caméra cachée ?

Au fil de ses trois mois de travail intense de mars à juin 2016, l’enquêtrice de GAIA a réalisé un registre exhaustif de ses observations qui mettent au jour une situation de haute gravité à la VUB, dans laquelle des animaux de laboratoire subissent de la douleur, de la cruauté et de la souffrance routinières lors de leur manipulation et de leur hébergement.

Compte tenu d'un manque endémique de transparence de la part des institutions gouvernementales et des laboratoires, les enquêtes secrètes de ce genre sont le seul moyen réaliste d’obtenir des informations précises et fiables sur la réalité de la souffrance causée aux animaux utilisés lors d’expériences.

Mise à mort et infractions à la législation

Au delà de tests de routine, l’enquêtrice de GAIA a relevé de nombreuses mauvaises pratiques, notamment concernant les procédures de mise à mort d’animaux de recherche. Ces dernières interviennent dans le cadre d’expérimentations ou lorsque les animaux sont jugés inutiles. Les méthodes de mise à mort doivent répondre à des dispositions légales très précises, conformément à l’Arrêté royal de 2013 relatif à la protection des animaux d'expérience et à la Directive européenne 2010/63/EU relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques. Parmi les principales découvertes de l’enquête, figurent des pratiques aussi cruelles qu’éthiquement condamnables et/ou des infractions à la législation, telles que :

  • Dislocation du cou de souris à l’aide de stylos à bille et de paires de ciseaux et manquements dans la vérification de la mort des animaux.
  • Les souriceaux qui ne meurent pas d’asphyxie suite à l’exposition au dioxyde de carbone sont décapités.
  • De jeunes souriceaux sont placés vivants au congélateur. Cette méthode n’est pas reprise parmi les méthodes de mises à mort autorisées. De plus, l’hypothermie n’est pas une méthode d’euthanasie fiable ou acceptable. Une technicienne affirme dans la vidéo que laisser mourir des souris en les mettant dans le congélateur ne lui pose pas de problème, contrairement à la décapitation qu’elle trouve être « la méthode la plus horrible ». Ce qui est pourtant pratique courante à la VUB.
  • La décapitation de bébés porcelets telle que visible dans notre vidéo n’est pas une méthode de mise à mort légale pour cette espèce. Néanmoins elle peut être une pratique autorisée si les animaux sont inconscients, mais nous doutons fort que ce soit le cas.
  • Coupe de têtes de bébés souriceaux à l’aide de paires de ciseaux, comme cela est visible dans la vidéo. Cette méthode n’est permise que si d’autres ne sont pas disponibles. GAIA souligne que les souriceaux devraient être euthanasiés sans souffrance aucune.
  • Cas de surpopulation dans les cages et comportements névrotiques (sauts intenses de haut en bas et en rond, sans discontinuer) dénoncés auprès des responsables mais pris à la légère.

Un manque flagrant de responsabilité et d’empathie

Ce traitement intolérable des animaux ne se limite pas à leur utilisation directe dans le cadre des expériences ou lors de leur mise à mort. A ce titre, GAIA souligne dans son rapport que les cas de souffrance animale relevés dans ce laboratoire sont également le résultat de négligences et de mépris ou d’indifférence avec lesquels les animaux sont soignés, suivis et hébergés au quotidien, comme dans les cas du traitement post-opération ou des blessures qui nécessitent de l’attention. Pourtant, l’enquêtrice souligne dans son rapport le fait que ses collègues ont été si peu réactifs à ces animaux malades et/ou blessés : « C’était très frustrant. De nombreuses fois, notamment, j’essayais de faire remonter un problème à ma hiérarchie ou à d’autres collègues, vainement. Jusqu’à ce qu’on me fasse comprendre qu’il ne fallait plus faire ça ».

Parmi les nombreuses observations faites par notre enquêtrice, figurent les suivantes :

  • Certains lapins dans un état déjà très détérioré, ayant été utilisés dans de précédentes expériences cardiaques plus d’un an auparavant, ont également été trouvés à l’animalarium dans un état de stress et d’anxiété tel que même les déplacer ou nettoyer leurs cages pouvaient leur être fatal. Il a été révélé que certains animaux étaient déjà morts de cette manière.
  • A la question de savoir quel est le degré de douleur de l’expérience infligée aux animaux, un chercheur a répondu qu’il n’en savait rien.
  • Des chercheurs enlèvent et ignorent délibérément les étiquettes sur les cages censées avertir des problèmes de surpopulation et de blessures.
  • Manque de disponibilité du personnel lorsque l’enquêtrice appelle pour signaler la présence d’animaux malades et blessés.
  • Conversations avec des chercheurs, qui expliquent l’absence de protocole standardisé et le manque d’organisation de l’établissement.
  • Rires de la Chef des Services Vétérinaires et de chercheurs lorsqu’on leur signale la présence d’animaux malades, de comportement de stéréotypie chez des souris et de cochons morts momifiés.
  • Des fragments vidéo montrent également les comportements névrotiques (de stéréotypie) de souris, qui font par exemple des bonds en l’air incessants fort probablement dus à la frustration et l’ennui.

La liste se rallonge ainsi, comme en témoigne notre rapport ci-joint.

L’expérimentation animale à la VUB

Enfin, à travers son investigation à l’animalarium de l’Université libre néerlandophone de Bruxelles, l’enquêtrice de GAIA a été confrontée à divers tests de routine effectués sur les animaux. L’établissement abrite en son sein les animaux et les gère pour le compte des différents services médicaux et biologiques de recherche de l’université. Les espèces d’animaux utilisées, toutes sensibles, sont principalement des souris, des rats et des porcs. Parmi les expériences les plus courantes observées figurent :

  • L’utilisation de porcs lors d’expériences sur le cancer et d’études de fertilité à l'aide d’imagerie par résonance magnétique (IRM), impliquant une intervention chirurgicale pour leur implanter des cathéters. Certains d’entre eux sont également tués par décapitation afin d’utiliser leurs cellules pour des études consacrées au diabète.
  • La pratique d’« études de survie » sur des souris. Lors de ces études, les scientifiques leur injectent des cellules cancéreuses afin d’observer la croissance de tumeurs atteignant parfois plusieurs fois leur taille et voir en combien de temps elles mettent à mourir.
  • Des expériences cérébrales invasives sont réalisées sur des rats pour tenter de mimer la maladie humaine de Parkinson. Outre cette intervention chirurgicale, les rats subissent également une stéréotaxie, au cours de laquelle leur tête est fixée dans un appareil afin de leur implanter des électrodes qui enregistrent l’activité du cerveau.
  • Des souris sont utilisées lors de tests sur l’anxiété et la dépression, impliquant des méthodes cruelles et archaïques telles que la nage forcée. Mais aussi des tests de labyrinthe, de suspension par la queue et de peur conditionnée dans des boîtes exposées à la lumière et à l’obscurité et à des bruits.

Bianca Debaets doit intervenir !

Le président de GAIA, Michel Vandenbosch, insiste auprès de la Secrétaire d’Etat du Bien-être animal, Madame Bianca Debaets, afin que des sanctions immédiates envers les responsables de ces graves manquements soient prises. « La révélation de ces mauvaises pratiques à la VUB doit donner lieu à la conduite d’une enquête approfondie indépendante et non-annoncée de la part des autorités compétentes », explique le président de GAIA, Michel Vandenbosch. « A plus court terme, nous demandons également la suspension immédiate, voire la révocation de l’agrément qui autorise l’Université libre néerlandophone de Bruxelles à avoir recours à l’expérimentation animale », souligne t-il. Et de conclure : « La souffrance routinière, la cruauté, l’indifférence et la négligence que nous avons observées à la VUB mettent sérieusement en question les affirmations des chercheurs, qui ne cessent de répéter que les animaux de laboratoire sont soignés et traités de manière exemplaire, dans un respect strict de la législation en vigueur. » Les constatations de l’enquête de GAIA permettent d’en douter.

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