Le secteur de la fourrure en grandes difficultés

Le secteur de la fourrure en grandes difficultés

GAIA informe
06 octobre 2014

Le prix de la fourrure de visons est en chute libre. Lors des ventes aux enchères de fourrure organisée en septembre dernier en Finlande et au Danemark, des prix de vente largement inférieurs à 2013 ont en effet été enregistrés. Une chute qui s'est chiffrée à 55 % lors de la dernière vente organisée par la société finlandaise Saga Furs, et à 40 % lors de la vente de Kopenhagen Fur au Danemark. En Chine, le marché de produits de luxe tels que les manteaux de fourrure se rétrécit comme une peau de chagrin. Une conséquence des lois anti corruption et des campagnes pour le bien-être animal qui s'y multiplient. L'industrie européenne de la fourrure ne peut désormais plus nier la « bulle de la fourrure » en Chine, qui avait été prévue de longue date.

Résultats désastreux

Ce mois-ci, le prix moyen d'une peau de vison chez Kopenhagen Fur ne coûtait plus que 34.65 euros, contre 76.90 euros en septembre 2013. La société Kopenhagen Fur représente à elle seule un tiers des exportations danoises de fourrure vers la Chine. Les chiffres réalisés par son équivalent finlandais, Saga Furs, sont encore plus désastreuses pour l'industrie de la fourrure européenne : outre la chute de 55 % sur le prix de vente des peaux de visons, ses résultats du troisième trimestre indiquent une baisse de profit de 6 %. En l'absence de marge de profit, l'industrie européenne de la fourrure de visons devra envisager de nouveaux investissements. Les stocks d'invendus a haut prix, emmagasinés lors du pic de la « bulle de la fourrure chinoise », sont tels que de nombreux acheteurs chinois devront quitter le marché.

Réprobations

Outre la menace économique qui pèse sur l'existence du secteur européen de la fourrure de visons, cette industrie fait face à un autre péril croissant : les réprobations de l'opinion publique et les discussions politiques. Les arguments d'ordre éthique et de bien-être animal dénoncent essentiellement les méthodes datées de mise à mort et les problèmes comportementaux qui surviennent chez ces animaux sauvages, en raison de leur enfermement dans des cages de treillis métallique. Selon un rapport publié en 2001 par le Comité scientifique de la santé et du bien-être des animaux, un organe de la Commission européenne, les animaux à fourrure, en tant qu'espèces sauvages, ne conviennent pas à un système d'élevage, et des comportements de stéréotypie et de stress sont couramment observés dans les fermes à fourrure. Par ailleurs, une majorité des citoyens dans de nombreux pays européens – 86 % en Belgique, 78 % en Suède, 73 % en Croatie et 85 % en Italie – considèrent inacceptable l'élevage de visons pour la fabrication d'un produit de luxe comme la fourrure. L'interdiction de ces élevages est actuellement en discussion dans plusieurs pays européens.

Cause profonde

Selon l'industrie de la fourrure, la chute enregistrée dans ce secteur s'explique par l'hiver particulièrement doux qu'a connu la Chine, qui constitue le premier pays importateur de fourrure. Mais pour Ann De Greef, la directrice de l'organisation GAIA, cet effondrement a une cause bien plus profonde en Chine : « La chute du marché est certainement le résultat de la campagne anti corruption lancée par le gouvernement chinois, qui vise à décourager les fonctionnaires publics et leur administration d'accepter des cadeaux luxueux. » Selon une étude du magazine Hurun Report, les Chinois fortunés achèteront à nouveau moins de biens luxueux cette année, après trois années de déclin consécutives, et même une chute de 15 % dans ces achats enregistrée en 2013.

Nouvelle génération

Récemment encore, la fourrure était une marque de statut pour les Chinois fortunés. Une image que Kopenhagen Fur tentait à tout prix de renforcer, à grands coups de publicités stratégiquement ciblées et de défilés de mode en Chine. Mais selon Pei F. Su, directrice de l'association ACTAsia for Animals, la nouvelle génération chinoise se détourne des vêtements en fourrure : « A mesure que l'éducation avance en Chine, une prise de conscience sur les droits des animaux s'installe et les problèmes de souffrance animale qui se posent dans l'industrie de la fourrure sont largement connus. Le port de la fourrure n'est plus aussi à la mode parmi la jeunesse chinoise. »

Sensibilisation

La Fur Free Alliance, une coalition internationale regroupant de nombreuses organisations de défense des animaux, soutient vivement les campagnes de sensibilisation menées en Chine auprès de la jeune génération. Chaque année, plus de 60 événements sont organisés dans plus de 16 provinces, dans le cadre d'une vaste campagne intitulée No Fur China. L'organisateur, ACTAsia for Animals, qui est membre de la Fur Free Alliance, collabore étroitement avec de nombreux étudiants, équipes locales, et célébrités chinoises engagées, dans le but d'informer la population sur les terribles conditions de vie des animaux détenus par l'industrie de la fourrure. D'autres actions sont également organisées, comme le Fur Free Retailer et le Cruelty Free Fashion Show, visant à encourager activement l'industrie de la mode de ne plus employer de fourrure et de se tourner vers des alternatives. Les consommateurs chinois accordent de plus en plus d'importance à la problématique du bien-être animal ; une prise de conscience dont l'impact sur le secteur européen de la fourrure pourrait être sérieusement sous-estimé.

La Fur Free Alliance (FFA) est une coalition internationale d'organisations de défense des animaux, qui collaborent afin de mettre un terme à l'exploitation et à la mort d'animaux pour leur fourrure. La Fur Free Alliance représente des millions de sympathisants dans le monde.

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