Questions et réponses sur le COVID19 et les expérimentations animales

Questions et réponses sur le COVID19 et les expérimentations animales

GAIA informe
11 août 2020

Questions et réponses sur le COVID19 et les expérimentations animales

Des chercheurs du monde entier tentent de développer un vaccin contre le nouveau virus Corona qui cause le COVID19. Pendant ce temps, plus de 7 millions de personnes ont été infectées et plus de 400 000 personnes sont mortes des suites de ses effets. L'expérimentation animale est la norme dans la recherche médicale. Indépendamment de notre inquiétude concernant les nombreux animaux sacrifiés, nous risquons de perdre plus de temps avec l'expérimentation animale que de gagner dans la lutte contre le COVID19. Quelques réponses aux questions les plus fréquentes.

Comment les animaux sont-ils utilisés dans la recherche sur le COVID19 ?.

On utilise par exemple les animaux pour tester la sécurité d’un nouveau vaccin. On leur injecte un vaccin à fort dose (un dose bien plus importante que chez les êtres humains). Les animaux peuvent également être tenus de l'inhaler. On attend ensuite de 28 à 90 jours pour voir s'ils tombent malades. Pour finir, les animaux sont tués pour déterminer si le vaccin a endommagé les organes.

Les vaccins sont également testés pour leur efficacité. Les animaux sont alors «vaccinés» avec la substance testée et le virus est ensuite administré. Un exemple concret concernant le vaccin candidat en cours de développement à l'Université d'Oxford au Royaume-Uni : six singes y ont reçu une injection d'un vaccin et ont été infectés par le virus, tandis que trois autres singes ont reçu le virus sans vaccination. Les singes ont été surveillés pendant 7 jours, puis ils ont été tués et examinés. Les neuf singes étaient positifs au COVID19, ce qui prouve que le vaccin n'a pas arrêté l'infection. Cependant, les singes vaccinés se sont avérés avoir des symptômes plus légers. Ils n'ont par exemple pas développé de maladie pulmonaire. Des essais cliniques ont donc néanmoins commencé avec le vaccin candidat.

On accorde une grande attention aux vaccins mais les animaux sont aussi utilisés lors de la recherche de médicaments. Des tests sur les animaux sont également effectués pour trouver une espèce appropriée pour les tests et la recherche sur le virus lui-même. Au cours de la plupart de ces expériences, le virus est injecté aux animaux par le nez. Ils sont ensuite maintenus en isolement dans des cages et finalement tués.

Quels sont généralement les animaux utilisés en combien ?.

Différentes espèces animales sont utilisées, mais les plus courantes sont les souris, les rats, les hamsters, les chats, les cobayes, les furets et les singes. On ignore les chiffres exacts, car les compte-rendu ne sont pas nécessairement conservées. Il faudra attendre plusieurs années avant de connaître les chiffres réels sur base de tous les rapports des institutions et des pays. Une recherche menée par Cruelty Free Europe, avec laquelle GAIA collabore pour réduire l'utilisation des animaux, indique qu'environ 200 millions d'animaux sont utilisés pour des expériences dans le monde chaque année. Parmi ce nombre astronomique, plus de 200 000 tests sont effectués sur des chiens et plus de 150 000 sur des singes. On peut supposer que le COVID19 a entraîné une augmentation des expérimentations animales.

Pourquoi les expérimentations animales ne présentent-elles que peu d’intérêt ?

L'étude COVID19 de ces derniers mois a montré que les furets et les chats sont sensibles au virus, bien que les mêmes symptômes ne soient toujours pas observés chez l'homme. Les chiens, les porcs, les canards et les poulets sont peu sensibles au virus. Même chez les singes, COVID19 ne provoque pas les mêmes effets nocifs que chez les humains. Donc, la recherche elle-même montre que les animaux ne sont en fait pas adaptés pour développer une solution médicale. Ce n'est pas nouveau : un vaccin contre le sida fait l'objet d'intenses recherches depuis des décennies, avec des centaines de tests cliniques menés sur de nombreux vaccins «prometteurs» qui fonctionnent chez le singe mais apparemment pas chez l'homme.

Les expérimentations animales fournissent des informations, mais ces informations peuvent induire les chercheurs en erreur. Les vaccins ou médicaments qui semblent bien fonctionner chez certaines espèces animales sont inefficaces voire nocifs pour l'homme. C’est ce que nous enseigne l'histoire de la médecine. Seuls 6% des candidats-vaccins arrivent sur le marché, contre 10% pour les candidats-médicaments. Pour tous ces autres cas, les chercheurs ont de l'espoir, sur la base de l'expérimentation animale. Mais une fois que les tests sont effectués sur des humains, les vaccins et les médicaments ne semblent pas sûrs ni efficaces. Donc, la plupart des connaissances acquises avec les expériences sur les animaux ne sont tout simplement pas pertinentes

Y a-t-il également de bonnes nouvelles, applique-t-on également des méthodes sans animaux ?.

Certains des vaccins les plus prometteurs ont été développés grâce aux dernières technologies. La société américaine Moderna a ainsi réussi à éviter les tests classiques sur les animaux et à passer plus rapidement aux tests cliniques humains. La plupart des vaccins sont des versions inactives ou atténuées d'un virus qui est ensuite injecté à l'homme et est censé provoquer une réaction immunitaire sans tomber malade. Moderna a développé une méthode par laquelle les instructions moléculaires pour la fabrication des composants du virus sont injectées directement chez l'homme. Cela confère une immunité, tout comme avec les vaccins traditionnels, mais sans processus de production long et coûteux. A noter que le vaccin de Moderna (ARNm-1273) a été le premier à atteindre la phase de test clinique.

Plus que jamais, la qualité de la recherche scientifique d'une part et les techniques humaines de développement médical d'autre part se rejoignent. Le remplacement des expérimentations animales ne présente pas de danger pour les êtres humains. Bien au contraire. Les expérimentations animales procurent un faux sentiment de sécurité. Les nouvelles techniques offrent justement une meilleure protection. Il existe déjà un large éventail de méthodes non animales disponibles pour tester la toxicité des substances. Cette gamme est plus limitée pour la recherche médicale, même si des méthodes telles que le body-on-a-chip et les organoïdes peuvent désormais contenir des cellules immunitaires et peuvent donc être utilisées pour le développement de vaccins. Et pourtant, la majorité des recherches continuent d'être menées sur des animaux.

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