Une nouvelle enquête de GAIA confirme les origines méprisables de la viande chevaline d’Argentine

Une nouvelle enquête de GAIA confirme les origines méprisables de la viande chevaline d’Argentine

09 décembre 2020

Les entreprises belges continuent de tirer profit de la souffrance des chevaux

Les chevaux argentins destinés à l’abattage continuent de souffrir dans des conditions épouvantables. C’est ce qui ressort de la nouvelle enquête de GAIA, Animal Welfare Foundation et Tierschutzbund Zurich, réalisée entre août 2019 et octobre 2020. La Belgique, est une plaque tournante du commerce de la viande chevaline argentine. Ceci par le biais d'entreprises belges telles que Equinox, Chevideco et Multimeat : nous sommes le troisième importateur mondial de cette viande. "La situation en Argentine est toujours aussi désastreuse, nos nouvelles images en témoignent", explique le président de GAIA, Michel Vandenbosch. "Chevaux volés, falsification des papiers d'identité, animaux souffrant de gangrènes, non vermifugés et de jambes cassées, poulain cachectique par dénutrition et déshydratation terminale, absence totale de soins vétérinaires, aucune protection contre les conditions climatiques extrêmes, ...". GAIA se plaint de la situation en Argentine depuis 2010 et a convaincu tous les supermarchés - sauf Carrefour - de cesser de vendre de la viande de cheval argentine.

L'Argentine est le plus grand exportateur de viande de cheval vers l'Europe, avec un chiffre d'exportation annuel d'environ 10 000 tonnes en 2019. Sur ce total, 2 218 tonnes ont été importées en Belgique. Notre pays est considéré comme une plaque tournante de ce commerce lucratif, dans lequel un certain nombre de sociétés belges, telles que Equinox, Chevideco et Multimeat, sont aux commandes. Equinox travaille en étroite collaboration avec l'abattoir argentin Lamar. Dans cet abattoir on peut voir sur les images que les animaux ne sont pas protégés des intempéries, qu'il y a des chevaux sans la marque auriculaire obligatoire, que des juments enceintes sont abattues et que les animaux sont à peine nourris. L’entreprise Multimeat achète de la viande de cheval à l'abattoir Infriba où 32 chevaux ont été confisqués l'année dernière car il semble qu'au moins 8 de leurs chevaux aient été volés (déclaration du ministre de la sécurité de Buenos Aires, Cristian Ritondo). Un cheval a été rendu à son propriétaire en août 2019 et trois autres en septembre.

La misère du bien-être animal

Depuis 2010, GAIA mène des enquêtes en Argentine et chaque fois nous y retrouvons la même misère en matière de bien-être animal. Les enquêtes menées à partir de 2019-2020 ne sont pas différentes à cet égard : tant dans les centres de rassemblement que dans les abattoirs eux-mêmes, la situation est désolante. Des animaux souffrant de plaies ouvertes, infestées de larves, des chevaux non vermifugés aux ventres gonflés remplis de vers, des chevaux avec des membres cassés. Nous avons pu observer un monceau de plusieurs centaines de cadavres dans un centre de rassemblement de chevaux destinés à l’abattage. Ces carcasses sont le témoin clair qu’il a été choisi de n’apporter aucun soin, aucune nourriture ni aucune eau à ces chevaux. Des chevaux transportés à peine vivants, traînés hors du camion avec des chaînes métalliques, abandonnés agonisant dans la zone de déchargement de l'abattoir durant toute la nuit. Si les chevaux meurent, ils sont jetés dans une fosse derrière l'abattoir. S'ils sont encore vivants le matin mais ne peuvent pas marcher, ils sont conduits à l'abattoir poussés par la pelle d'un tracteur, en pleine conscience.

Vol de chevaux à grande échelle

En plus de la souffrance atroce des chevaux démontrée par GAIA, l'Argentine est confrontée à des vols de chevaux à grande échelle. L'absence de traçabilité rend la manœuvre très facile pour les marchands de chevaux illégaux. Par conséquent, de plus en plus de chevaux se retrouvent entre les mains de gangs criminels bien organisés. On estime que jusqu'à 50 % des chevaux abattus en Argentine sont volés à leur propriétaire légitime. Ainsi, sur les images des enquêtes les plus récentes, nous voyons comment, après avoir découvert une zone de rassemblement illégale avec plus de 400 chevaux à Ezeiza (près de Buenois Aires), de nombreux propriétaires tentent de récupérer leurs chevaux volés. Les chevaux étaient détenus par le marchand de chevaux Raul Onorato et par son fils. 25 chevaux gisaient morts dans la prairie, beaucoup d'animaux encore vivants étaient gravement négligés.

Le service public compétent, la Senasa - l'AFSCA argentine - n'a pas de main mise sur les abus, laisse faire et semble enclin à la manipulation et à la fraude. En 2018, tout le personnel du département "Santé animale" au sein du Senasa a été licencié après plusieurs cas de corruption.

Et la FEBEV là-dedans ?

"Respectful Life" est né en 2015, une initiative conjointe de la Fédération des viandes belges (FEBEV) et de l'Université catholique de Louvain, visant à améliorer le bien-être des animaux. Les chercheurs de la KU Leuven effectuent des visites d'exploitations agricoles (abattoirs et centres de regroupement) en Argentine. Ces visites sont annoncées et les abattoirs s'y préparent. "Soit c’est le hasard qui fait que nous arrivons toujours au moment où il y a des chevaux dans de très mauvais états depuis 11 ans, bien que cela n’enlève rien à la réalité de leurs misères. Soit ce label de soi-disant vie respectueuse est une certification qui ne rime à rien. Je parie sur cette deuxième explication", déclare Michel Vandenbosch.

Audit de la Commission européenne

Soit dit en passant, le dernier audit de la Commission européenne (26 février - 10 mars 2020) détruit l'idée que certaines mesures sont prises en Argentine pour protéger le bien-être des chevaux. L'audit indique noir sur blanc qu'il existe des problèmes structurels avec les autorités chargées de contrôler le bien-être des chevaux dans les abattoirs. "Malgré le grand nombre de chevaux et l'état de ces animaux (ils sont en fin de vie), ni les propres contrôles de leur propriétaire ni les contrôles officiels existants n'ont permis d'identifier ou de documenter des problèmes de santé et/ou de bien-être sur une longue période. Compte tenu du grand nombre d'animaux et de leur nature, l'équipe d'audit considère que l'absence de tels cas est très improbable". L'excuse du propriétaire "qu'il n'achète que des animaux sains" n'a pas pu convaincre l'équipe d’audit.

Appel aux consommateurs

GAIA appelle les consommateurs à cesser d'acheter de la viande de cheval provenant d'Amérique latine et d'autres pays d'outre-mer. "En outre, avec une coalition internationale d'organisations de protection des animaux (dont la Fondation Franz Weber et Equidad d'Argentine, Dier&Recht des Pays-Bas, Italian Horse Protection Onlus d'Italie, Tierschutzbund Zurich de Suisse, Animal Welfare Foundation d'Allemagne et Welfarm), GAIA demande à la Commission européenne d'interdire les importations en provenance de ces pays, comme c'était le cas auparavant pour la viande de cheval du Mexique et du Brésil. Et enfin, tout le monde peut envoyer un e-mail de protestation via www.gaia.be à Carrefour qui vendent encore de la viande de cheval en provenance d'Amérique latine".

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