GAIA filme 3 élevages intensifs de dindes

GAIA filme 3 élevages intensifs de dindes

Action de GAIA
18 décembre 2019

En octobre 2019, GAIA a filmé trois élevages intensifs de dindes en Flandre occidentale. Les images montrent la terrible réalité d’un secteur non réglementé : des hangars fermés contenant des milliers de dindes, des animaux agonisants, des carcasses en état de décomposition avancée, des sols recouverts de matières fécales, des dindes avec de graves problèmes locomoteurs et des fractures ouvertes, des animaux enduits de fèces, incapables de satisfaire leurs besoins vitaux... « L’élevage intensif des dindes a complètement dégénéré », déclare Michel Vandenbosch, président de GAIA. L’organisation de défense des droits des animaux exige que la Flandre et, par précaution, la Wallonie imposent au secteur des normes strictes en matière de bien-être animal afin de mettre un terme à « cet état de faits épouvantable ».

Chaque année, plus de 750.000 dindes sont élevées et abattues en Belgique pour la consommation. Cependant, notre pays n’a pas de législation spécifique pour protéger le bien-être des dindes d’élevage. La dinde a été totalement oubliée par le législateur. Il n’existe aucune limitation légale de surface et de densité d’élevage. Par conséquent, l’éleveur décide lui-même du nombre de dindons qu’il place dans ses bâtiments. Résultat : « La densité de ces élevages est extrême. Au point qu’il est impossible d’ajouter des dindons sans augmenter significativement le taux de mortalité », souligne Michel Vandenbosch. « La situation épouvantable constatée par nos enquêteurs ne pourrait mieux prouver les conséquences désastreuses de l’absence de réglementation », poursuit M. Vandenbosch. « La rentabilité prime à tel point dans ce secteur que, sans règlementation spécifique, la situation s’est complètement détériorée. ».

Une caméra posée au plus près

GAIA a filmé les conditions de vie industrielles des dindes d’élevage dans trois fermes choisies au hasard. La situation est terrible : dans ces élevages conventionnels, les dindes sont confinées dans un bâtiment sans accès à l’extérieur ; elles vivent sur les excréments qui s’accumulent pendant plusieurs semaines. Entassées par milliers, elles développent un comportement de sur-agressivité et sont incapables d’exprimer la plupart de leurs comportements naturels et besoins vitaux. Cette extrême pauvreté du milieu entraîne des comportements anormaux, comme des picages nuisibles provoqués par une hiérarchie complètement dérèglée. Sur le terrain, GAIA a constaté chez de nombreux dindons toutes sortes de lésions, ainsi que des nécroses (peau qui noircit et se dessèche) sur la tête et les flancs, pouvant entraîner la mort de l’animal. Les sélections génétiques provoquent l’obésité de ces oiseaux avec un développement des muscles au détriment des organes et des os.

La croissance rapide (les mâles passent de 160 g à environ 16 kg en 16 semaines) ajoutée à la promiscuité et les conditions d’élevage favorisent des pathologies respiratoires, digestives et locomotrices. De nombreuses dindes souffrent ainsi de boiterie. Certaines deviennent complètement immobiles et meurent de faim et de soif parce qu’elles ne peuvent plus atteindre l’abreuvoir et le mangeoire. « Nous pouvons supposer que les images de cette enquête sont représentatives de l’élevage intensif de dindes d’élevage en Belgique », déclare Michel Vandenbosch. « L’ensemble du système méprise avec dégoût la notion de bien-être animal. » Si bien que la « rationalisation » de l’élevage entraîne un taux de mortalité avoisinant aujourd’hui 12%, avant l’abattage.

Une prise de conscience collective

Après les poulets, les dindes sont les volailles les plus abattues en Belgique. Dans notre pays, l’élevage intensif est situé en Flandre (25 élevages intensifs, avec une soixantaine de hangars). La Wallonie, quant à elle, compte 2 élevages de dindes biologiques dont la « production » avoisine moins d’un millier de dindes par an. « La viande de dindes élevées intensivement en Flandre est également vendue à Bruxelles et en Wallonie, et finit dans les assiettes des Wallons et des Bruxellois », explique Michel Vandenbosch. « On retrouve leur chair dans de nombreux plats préparés, notamment dans la restauration rapide ou collective. Mais également à table, à Noël. »

L’état actuel des élevages conventionnels de dindes est totalement inacceptable. Il est urgent d’adopter une législation spécifique en matière de bien-être animal pour protéger les dindes d’élevage. GAIA demande au législateur d’inscrire dans la loi les critères correspondant à tout le moins au premier grade du label Beter Leven (Meilleure Vie) et, idéalement, au second grade. Ces critères induisent, par exemple, l’utilisation d’une race à croissance plus lente ; plus d’espace dans les hangars ; l’accès suffisant à la lumière du jour ; des matériaux d’épandage de qualité suffisante ; un parcours extérieur couvert ainsi qu’une alimentation saine et des enrichissements (paille/foin/ballots de luzerne…). « La dinde a été oubliée depuis longtemps par le législateur. Son bien-être n’est pas du tout protégé. Il faut une prise de conscience collective, car il y a un besoin urgent de changer cela », conclut Michel Vandenbosch.

GAIA invite chacun à signer sa pétition sur www.madindedenoel.be. L'organisation espère également que moins de dinde seront consommées à Noël.

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