Epilez un président de parti pour une interdiction de l’élevage d’animaux à fourrure

Epilez un président de parti pour une interdiction de l’élevage d’animaux à fourrure

Action de GAIA
19 février 2013

« Ooow », grimace Charles Michel, qui se voit arracher un poil de torse par une pince. Peut-être préférez-vous soumettre Benoît Lutgen ou un autre président de parti à cette petite séance d'épilation. Ou pourquoi pas le numéro un du gouvernement, le Premier ministre Elio Di Rupo ? C'est ce que vous propose GAIA dans sa nouvelle campagne, que l'organisation de défense des animaux lance aujourd'hui. Objectif : inviter les citoyens à participer à une action singulière, visant à convaincre les politiques d'interdire l'élevage d'animaux à fourrure en Belgique. Parce que le petit pincement ressenti par les présidents de parti – en fonction du seuil de douleur d'Olivier Deleuze et de ses homologues – n'est rien comparé à la souffrance de 150 000 visons.

1 poil arraché = 1 e-mail à un politique

Pour participer à l'action épilation, rendez-vous sur www.gaia.be. Jouez-le jeu : dès que vous avez rempli et signé l'action courrier, vous soumettez le politique à une séance d'épilation, au moyen d'une pince virtuelle contrôlée par la souris. Chaque poil arraché correspond à un e-mail à l'adresse d'un président de parti ou du Premier ministre. A travers cette action ludique mais à des fins sérieuses, GAIA veut inciter le monde politique à suivre l'exemple récent des Pays-Bas, et à interdire sans attendre l'élevage d'animaux pour la production de fourrure.

Affiches explicites en gares

Depuis ce matin et pendant une semaine, 580 affiches de GAIA sont également visibles dans les 40 plus grandes gares du pays. Mesurant 2 m2, elles attirent l'attention des navetteurs par leur slogan, « Un peu de fourrure, c'est déjà beaucoup trop », mais aussi par le vison, renard ou lapin qui y est représenté avec le cou, les pattes ou les oreilles écorchés (pour en faire un col, des manches ou encore un capuchon en fourrure). Les affiches incitent les navetteurs à aider GAIA dans sa lutte pour interdire l'élevage d'animaux à fourrure en Belgique.

Propositions de loi pour l'interdiction

Les Pays-Bas ont récemment décidé d'interdire l'élevage d'animaux à fourrure à partir de 2024, tout en étant le troisième producteur mondial (après la Chine et le Danemark), avec 160 élevages et 6 millions de peaux de visons par an. Pour GAIA, la Belgique doit suivre le bon exemple donné par nos voisins du Nord. Plusieurs propositions de loi ont d'ailleurs déjà été introduites ou co-signées. « Tous les partis francophones se sont maintenant prononcés en faveur d'une interdiction, et ont introduit ou co-signé de telles propositions de loi », explique Michel Vandenbosch, le président de GAIA. « Du côté flamand, c'est également le cas du Sp.a et de Groen, et la N-VA est également favorable à une interdiction. En revanche, l'Open VLD n'a pas encore rendu publique sa position, et le CD&V fait fi de l'opinion publique en s'opposant à l'interdiction. »

L'heure est aux actes

Michel Vandenbosch poursuit : « Nous voulons que les propositions de loi déjà introduites soient très vite débattues au Parlement et approuvées. Sinon, les éleveurs d'animaux à fourrure néerlandais risquent de mettre le cap sur la Belgique, malgré la désapprobation générale que suscitent ces élevages en Wallonie comme en Flandre. » Selon un sondage réalisé par IPSOS en 2012, 86 % des Belges sont en effet en faveur d'une interdiction de l'élevage d'animaux à fourrure (88 % en Wallonie et 86 % en Flandre). « Les parlementaires ont déjà reçu des milliers d'e-mails appelant à une interdiction. Nous voulons voir des actes », rappelle Michel Vandenbosch.

Les voix s'élèvent

Les voix s'élèvent de plus en plus contre l'installation de nouveaux élevages d'animaux à fourrure, comme c'est le cas dans la commune de Bocholt (Limbourg). Pas moins de 700 réclamations y ont été introduites contre l'arrivée d'un élevage de 42 000 visons, et la commune a rendu un avis négatif.

150 000 visons par an

La Belgique compte 18 élevages (tous situés en Flandre), soit neuf fois moins que les Pays-Bas. Chaque année, 150 000 visons y sont détenus pour la production de fourrure. C'est 44 fois moins que chez nos voisins du Nord, où l'élevage d'animaux à fourrure sera interdit en 2024, tout comme au Royaume-Uni (depuis 2003), en Autriche (depuis 2005) en Bulgarie et en Croatie (dès 2017).

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