Coronavirus : pourquoi il faut fermer les «marchés humides»

Coronavirus : pourquoi il faut fermer les «marchés humides»

GAIA informe
24 mars 2020

GAIA demande à l’OMS de faire pression pour que des mesures drastiques soient prises au plan international contre les « wet markets » (« marchés humides » en français), le commerce de la viande de brousse et des animaux sauvages.

Pour GAIA, il n’y a pas d’équivoque : au-delà de la santé et de l’économie, il faut aussi oser s’attaquer aux causes plus profondes du COVID-19 et imposer des mesures drastiques. « Dès que la vague de contaminations sera passée, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) doit exhorter les pays asiatiques et africains concernés, et de préférence le monde entier, à prendre des mesures drastiques contre les ‘marchés humides’ (les ‘wet markets’), la viande de brousse (‘bush meat’) et le commerce légal et illégal d’animaux sauvages capturés. Il faudra aussi mettre fin aux transports d’animaux vivants destinés à l’abattage vers des pays tiers, car ces transports entraînent le risque de propager des maladies animales aux conséquences désastreuses. D’autres pratiques qui encouragent la propagation de virus potentiellement mortels et peuvent être à l’origine d’épidémies, de maladies animales (comme la grippe aviaire) et de pandémies doivent également être combattues avec détermination », déclare Michel Vandenbosch, président de GAIA. « L’Europe devra elle aussi insister sur ces points et prendre elle-même les mesures drastiques mais nécessaires. »

L’épicentre du COVID-19 est bien connu : la ville chinoise de Wuhan où le commerce des animaux (sauvages) est florissant depuis des années. Quiconque a vu des images de ce qu’on appelle les « marchés humides » – où la viande et les animaux vivants tels que les paons, les rats, les porcs-épics, les chauves-souris, les civettes… se côtoient dans une souffrance ahurissante – ne peut que conclure à une chose : même les normes minimales en matière de bien-être animal, d’hygiène, de sécurité alimentaire et de santé sont totalement absentes de ces marchés absolument dégoûtants. Les animaux sauvages y sont abattus « sur place », dans la même mare de sang et par les mêmes mains que le poulet gisant à côté. Les boyaux sont éparpillés partout. Et tout finit par se retrouver dans l’assiette du consommateur. C’était aussi le cas pour le terrible SRAS en 2003, car les « wet markets » asiatiques réunissent toutes les conditions pour le passage d’un virus de l’animal à l’Homme. Et font des deux les mêmes victimes.

Une négligence coupable

Dans le cas du SRAS, le virus a probablement été transmis par des chauves-souris aux civettes et, par la suite, aux humains. Le fait que les vendeurs d’animaux sauvages possédaient les bons anticorps vient étayer cette affirmation. Et pourtant, à l’époque le gouvernement chinois n’a pas réussi à mettre fin aux « marchés humides » une bonne fois pour toutes ni à adopter une approche drastique contre le commerce des animaux sauvages capturés à des fins douteuses. « On appelle cela de la négligence coupable, déclare Michel Vandenbosch. Le nouveau Coronavirus a très probablement une origine similaire ».

Ce n’est que maintenant, alors que nous sommes confrontés à une crise mondiale, que l’ampleur du problème devient claire. La Chine a imposé une interdiction temporaire sur ces terribles marchés humides : 20.000 fermes doivent fermer et 54 espèces qui étaient commercialisées légalement sont temporairement interdites à l’import et à l’export. « Ce sont des mesures prises à juste titre, mais elles s’avèrent insuffisantes et seulement temporaires, déclare Michel Vandenbosch. Est-ce qu’ensuite, tout sera de nouveau comme avant ? Rien que chez nous, dans le quartier de Matonge à Ixelles, on vend toujours de la viande de singe et d’autres animaux sauvages ». 

Et maintenant ?

« L’heure n’est plus aux demi-mesures, déclare Michel Vandenbosch. L’OMS doit exhorter les gouvernements concernés à interdire définitivement les ‘marchés humides’, lieux d’une cruauté incommensurable et d’un manque flagrant d’hygiène de base et de sécurité alimentaire. La capture d’animaux sauvages dans la nature doit également être drastiquement freinée, voire bannie. En outre, les contrôles sur la viande de brousse doivent devenir beaucoup plus stricts. Enfin, toutes les pratiques susceptibles de provoquer des maladies animales avec des conséquences catastrophiques, des épidémies et des pandémies aussi désastreuses que celle-ci devront dorénavant être combattues de manière structurelle et drastique. Sinon, d’ici quelques années, nous serons à nouveau confrontés à un nouveau virus Corona qui passera des animaux sauvages aux humains et fera de nouveaux ravages dans le monde entier. L’Europe doit elle aussi faire preuve d’initiative dans ce domaine ».

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