Le calvaire des chevaux d’Amérique (latine) dans les rayons de votre supermarché

Le calvaire des chevaux d’Amérique (latine) dans les rayons de votre supermarché

GAIA informe
13 mars 2014

GAIA a réalisé une nouvelle enquête pour documenter à nouveau les pratiques cruelles envers les chevaux au Mexique, en Argentine, en Uruguay, et même en Amérique du Nord. Ce que nous avons vu est inimaginable.

Frappés au bâton, enfermés pendant des heures dans un camion, électrocutés, laissés pour morts... voilà le sort de dizaines de milliers de chevaux d'Amérique du Nord et du Sud. Des animaux gravement maltraités dont la viande est vendue dans les supermarchés belges.

Agissez maintenant : Demandez à votre supermarché de cesser la commercialisation de viande chevaline en provenance d'Amérique (latine). Voici notre lettre-type :

" Madame, Monsieur, Je suis révolté(e) de découvrir les mauvais traitements subis par les chevaux d'Amérique latine dont la viande est vendue dans vos magasins. Il en va de votre réputation et de ma confiance en votre chaîne de magasins que vous cessiez d'être impliqué dans ce trafic, soit en rompant vos contrats avec ces pays, soit en cessant tout à fait de vendre de la viande chevaline. "

Envoyez cette lettre à : Carrefour : www.carrefour.eu/fr/contactez-nous (Formulaire de contact en ligne à remplir) Delhaize : compliance [at] delhaizegroup [dot] com Spar : info [at] sparretail [dot] be Intermarché : www.intermarche.be/intermarche-contactez-nous.html (Formulaire de contact en ligne à remplir) Match : www.supermarche-match.be/fr/contact.html?IDC=22786 (Formulaire de contact en ligne à remplir) Aldi : ai [dot] erpe-mere [at] aldi [dot] be Cora : info [at] cora [dot] be Makro : info [at] makro [dot] be Renmans : infosite [at] renmans [dot] be

En Amérique (latine), rien n'a malheureusement changé depuis les premières révélations de GAIA en 2010 et 2011 sur les graves sévices dont sont victimes les chevaux lors de leurs transports vers l'abattoir. Des dizaines de milliers de chevaux d'Amérique du Nord subissent encore des maltraitances et de sérieuses négligences dans les centres de rassemblement des Etats-Unis, avant d'être transportés dans des conditions épouvantables vers le Canada et vers les abattoirs mexicains. En Argentine et en Uruguay, la situation reste tout aussi dramatique. L'organisation de défense des animaux a également observé des cas graves de chevaux en souffrance dans les abattoirs visités. Ces situations irréfutables sont rapportées par une enquête – la plus approfondie jamais réalisée – menée par une équipe spéciale des associations GAIA, Tierschutsbund Zürich (Suisse), Animals Angels (Etats-Unis), Eyes on Animals (Pays-Bas) et L214 (France). Réalisée partiellement en caméra cachée entre mars 2012 et janvier 2014 aux Etats-Unis, au Mexique, en Uruguay, en Argentine et au Canada, l'investigation a conduit les enquêteurs dans des ventes aux enchères, des centres de rassemblement de chevaux et des abattoirs, afin de documenter les conditions de transport et de mise à mort des équidés. Voir la vidéo d'enquête

Cruautés systématiques, négligences criantes et maltraitances brutales

Les résultats de l'enquête sont clairs : les chevaux sont dans un état de souffrance constant : pendant, avant et après les transports sur longues distances – plusieurs centaines voire des milliers de kilomètres – qui les emmènent vers un centre de rassemblement ou un abattoir. Sur ces parcours, ils ne disposent ni d'eau, ni de nourriture, ni de temps de repos. Des conditions observées aux Etats-Unis comme en Argentine. Là-bas, les centres de rassemblement se transforment en champ de boue lorsqu'une averse survient. Car aucun abri ne protège les chevaux des intempéries, ni du soleil cuisant. Gravement blessés, malades, mourants... les équidés ne reçoivent pas le moindre soin médical et sont livrés à leur sort. Le transport a lieu dans des véhicules inadaptés et surpeuplés. Pour charger les animaux dans ces camions, l'usage de la force et de la violence est fréquent, même sur les plus épuisés et blessés. La panique est constante chez les chevaux. Mutilés et à bout, certains tombent à terre d'épuisement. Des aiguillons électriques – un instrument interdit dans l'UE – sont alors utilisés de façon totalement inadaptée pour les relever. Devant ces pratiques, les propriétaires des centres de rassemblement, commanditaires des transports et dirigeants des abattoirs se gardent bien de prendre leurs responsabilités. Les camions qui transportent des chevaux des Etats-Unis jusqu'au Mexique sont scellés : si le sceau est rompu pour vérifier l'état des chevaux, la cargaison perd toute sa valeur ! L'abattoir argentin Lamar abat des chevaux pour le compte de la firme Equinox et livre de la viande chevaline à Carrefour. Lamar abat des chevaux épuisés, déchargés de véhicules inadaptés et sans protection, qui ont roulé par tous les temps pendant vingt heures. Ces camions proviennent d'au moins 32 centres de rassemblement, dont plus de la moitié se situent à une distance de 600 à 1200 kilomètres. Les certificats de transport délivrés par les autorités relèvent de la tromperie.

A l'entrée de l'abattoir Lamar, un cheval mourant est observé par les enquêteurs. Personne ne s'en occupe. Des aguillons électriques sont utilisés pour forcer les équidés à avancer. La loi interdit pourtant leur usage. Les images rapportées montrent des animaux en panique, qui, selon des vétérinaires, sont abattus de façon incorrecte, vraisemblablement par des employés non formés et inexpérimentés. Lamar abat également des chevaux volés. Dans un abattoir en Uruguay, des chiens sont utilisés pour faire avancer les chevaux.

Il est à noter que les principales entreprises d'importation de viande chevaline sont belges : Equinox, Velda, De Nil, Multimeat et Chevideco. Ces sociétés livrent de la viande de cheval notamment à Carrefour, Aldi, Delhaize, Match, Spar, Intermarché, Renmans, Makro et Cora. Les importateurs belges affirment que dans ces pays, les chevaux d'abattage sont traités correctement, détenus dans un environnement adapté et abattus en conformité avec les normes européennes. Des affirmations mensongères, qu'avalent bien volontairement la plupart des chaînes de supermarchés belges. A l'exception de Lidl, qui, suite aux révélations précédentes de GAIA, avait décidé de ne plus vendre de viande chevaline fraiche en raison de l'absence de garanties sur le bien-être des animaux.

Actuellement, Colruyt ne vend que de la viande chevaline en provenance de Roumanie. Pourtant, GAIA avait dévoilé l'année passée les graves maltraitances sur chevaux qui ont cours dans ce pays également. Les chaînes de magasins qui vendent encore de la viande de cheval d'Amérique latine – Aldi/Renmans, Carrefour, Cora, Delhaize, Makro, Match, Intermarché et Spar – considèrent que chaque morceau de viande provenant de ces pays peut être tracé afin d'en connaître l'origine précise. Rien n'est moins vrai. En Argentine, des bandes organisées se spécialisent dans le vol de chevaux, fortement aidées par la corruption en vigueur. Il n'y existe aucun système fiable et efficace permettant de contrôler l'identification, l'enregistrement et la traçabilité des chevaux.

Risques pour les consommateurs ?

La viande chevaline en provenance d'outre-Atlantique serait une viande saine et ne présenterait aucune trace de traitement médicamenteux. Michel Vandenbosch, le président de GAIA, en doute : « Les conclusions de notre rapport d'enquête mettent en doute cette affirmation. En effet, les abattoirs mettent également à mort des chevaux de course, qui sont fréquemment traités avec le Phénylbutazone. Ce médicament est un antidouleur et anti-inflammatoire utilisé en Argentine et en Uruguay, où il peut être acheté sans ordonnance. Aucun contrôle à ce sujet n'est réalisé, et il n'est pas obligatoire de mentionner l'utilisation de ce médicament dans le passeport du cheval. On ne peut donc affirmer avec certitude que cette viande chevaline ne comporte aucun risque pour le consommateur. »

Que demande GAIA ?

GAIA exige que les grandes surfaces vendant encore de la viande chevaline d'Amérique latine suivent le bon exemple de Lidl. Pour ce faire, GAIA a mis sur pied une action courrier, adressée aux supermarchés concernés (voir ici : http://www.gaia.be/fr/campagnes/actions-courrier). L'organisation de défense des animaux a d'ailleurs une réunion ce jour avec Intermarché, et demain avec Makro et Cora. D'ici la fin du mois, GAIA rencontrera également les responsables de Carrefour, Renmans et Delhaize. En outre, devant les infractions systématiques à la législation sur le transport d'animaux, l'intervention de la Commission européenne est nécessaire pour suspendre ou, idéalement, interdire l'importation de viande chevaline d'Amérique. Les pratiques observées sont inhérentes à un système qui empêche tout contrôle et traçabilité efficaces. GAIA sollicite un rendez-vous dans les plus brefs délais avec le Commissaire européen à la Politique des Consommateurs, Neven Mimica, avec le Commissaire à la Santé, Toni Borg – également en charge du bien-être animal – et avec le Commissaire au Commerce, Karel De Gucht. Chaque année, l'Union européenne importe plus de 26 500 tonnes de viande chevaline en provenance d'Argentine, d'Uruguay, du Mexique, des Etats-Unis et du Canada.

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