Lors d'une conférence de presse tenue à Bruxelles, à l'approche des fêtes de fin d'année, une initiative citoyenne française pour l'abolition du gavage pour le foie gras présente le résultat d'un an d'enquête dans le Sud-Ouest de la France: des images ahurissantes des pratiques françaises, le plus grand producteur de foie gras.
Une initiative citoyenne est à la base de la coalition Stopgavage. Cette coalition réunit des associations importantes venues de France, de Belgique (GAIA) et des associations internationales de défense des droits des animaux ayant signé le manifeste pour l'abolition du gavage. Stopgavage mena une enquête dans un grand nombre d'exploitations du Sud-Ouest de la France, qui produisent le foie gras des marques les plus réputées sous l'appellation géographique protectrice de 'canard à foie gras du Sud-Ouest' et foie gras 'Label Rouge'.
Les images tournées en 2004 dans les régions du Gers et des Landes , dévoilent la réalité cachée au grand public: le tri des canetons mâles (les femelles canetons sont tuées en étant broyées; pour information: des canetons mâles sont également importés en Belgique depuis la France), l'enfermement des animaux dans de petites cages de batterie individuelles, le gavage à l'aide d'une pompe pneumatique ( pendant 12 jours) qui engendre un grossissement du foie qui atteint jusqu'à 10 fois son volume normal, gavage avec pour conséquence vomissements, diarrhée et une mortalité dix fois plus élevée.
Plus le foie gonfle, plus le canard reste le bec ouvert à la recherche d'oxygène. Tout 'l'art' consiste à les abattre juste avant qu'ils ne succombent à leur maladie (stéatose du foie). On voit sur les images plusieurs canards morts dans leur cage et les méthodes d'abattages de canards maculés de sang encore conscients.
L'industrie française du foie gras, subsidiée par le ministère français de l'agriculture, dépense de l'argent et de l'énergie dans des messages publicitaires destinés à masquer cette réalité.
La moitié du foie gras français exporté sur le marché de l'Union européenne, est destiné à la Belgique et à l'Espagne. Mais en Belgique le foie gras est produit de la même manière qu'en France.
Le Comité Scientifique de la Santé et du Bien-être Animal de la Commission européenne (maintenant Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) arrive dans son rapport de 1998 à la conclusion que les méthodes actuelles de gavage nuisent gravement à la santé (stéatose du foie) et au bien-être des palmipèdes. La même année, le Conseil de l'Europe édicta une recommandation interdisant à partir du 1er janvier 2005 (pour toutes les nouvelles exploitations) et 2010 (pour les exploitations existantes) les petites cages individuelles dans lesquels les palmipèdes ne peuvent pas pivoter ou se retourner. En Belgique, où la pratique courante est également très dommageable pour le bien-être des animaux, cette recommandation doit également être transformée en loi par un arrêté royal (pour info: la loi d'août 1986 relative au bien-être des animaux rend le gavage punissable, sauf pour des raisons médicales et dans des élevages spécialisés reconnus par le Roi). GAIA demande avec insistance que cela soit fait. .
Plusieurs inspecteurs de l'INRA - Institut National de la Recherche Agronomique en France- jouent un rôle douteux en propageant l'idée que le gavage pour le foie gras est un traitement innocent des animaux. L'industrie du foie gras met également en œuvre toutes les manœuvres possibles afin d'échapper aux échéances futures. La France dispose d'un quasi monopole sur le foie gras. La production belge de foie gras dont la plus grande partie est établie en Wallonie avec l'aide des autorités, essaie de concurrencer la France. Plus de 30 millions de palmipèdes sont maltraités chaque année pour la production française de foie gras. La France persiste, tout comme la Belgique, à protéger bec et ongles ce produit de plus en plus contesté. Par l'entremise du CIFOG (Comité Interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras) le secteur de la distribution française de foie gras a investit des moyens importants dans une tentative de réfuter le rapport de la Commission européenne de 1998. Vu que cette tactique pouvait échouer, l'industrie du foie gras essaya de préserver la production en obtenant un dérogation aux lois de protection des animaux, sous le prétexte ' d'exeption culturelle ' à l'exemple des tortures pratiquées durant les corridas. Dans cette optique, l'industrie du foie gras rencontra en juillet Mr. Hervé Gaymard, ex-ministre français de l'Agriculture. Le CIFOG a, en outre, fait appel à un bureau de communication. Un spot publicitaire diffusé actuellement à la télévision française, enveloppe le foie gras d'une aura magique. Chaque référence au gavage et aux animaux est soigneusement évitée. Dans beaucoup de pays européens une interdiction du gavage est déjà en vigueur. Il y a encore eu récemment la décision de la Californie d'interdire le gavage sur son territoire. En Israël (le plus grand producteur de foie gras après la France) la Cour Suprême a décidé en 2003 que le gavage devait être interdit comme pratique incompatible avec les normes élémentaires du bien-être animal.
En ce qui concerne la Belgique :
- Le Ministre Demotte doit transposer dans la loi belge la recommandation du Conseil européen dans le cadre d'une adaptation à la ligne de conduite européenne.
- GAIA se rendra à la Fedis (secteur de la distribution) et dans les grands magasins avec les images. GAIA leur soumettra également une série de propositions concernant l'information sur les produits, la publicité, et une alternative au cruel foie gras.
- A partir de janvier, GAIA écrira à tous les restaurants de Belgique pour leur demander de supprimer le foie gras de leur menu.