Six ans après la fermeture du delphinarium du zoo d'Anvers, GAIA mène à nouveau une action contre la détention de dauphins en captivité, avec Ric O'Barry, expert en mammifères marins de l'organisation One Voice et ex-entraîneur de Flipper, le fameux dauphin du film et de la série (en réalité plusieurs dauphins). Ric O'Barry s'est rendu compte que la détention et l'entraînement des dauphins était néfaste lorsque Cathy, le dauphin qui est apparu le plus souvent dans les épisodes de la série 'Flipper', mourut dans ses mains. Depuis lors, il consacre sa vie à la réhabilitation des dauphins dans leur habitat naturel. Le dimanche 11 juillet, GAIA mènera une action devant le Boudewijnpark à Bruges, le dernier delphinarium de Belgique où les conditions de vie des dauphins sont mauvaises et inacceptables. Cette constatation ressort du dossier intitulé « La tragédie derrière le sourire du dauphin » présenté aujourd'hui même à la presse, en présence de Ric O'Barry.
Les arguments avancés par la direction du Boudewijnpark décrivant leur delphinarium comme un paradis pour dauphins sont également réfutés. Les normes légales de détention des dauphins tursiops (grands dauphins) en Belgique ne suffisent pas aux conditions nécessaires à leur bien-être. Les dauphins du Boudewijnpark doivent pouvoir vivre dans un milieu qui correspond beaucoup mieux aux nécessités liées à leur espèce comme une lagune ou une baie en plein air avec de l'eau de mer naturelle. GAIA veut que les delphinariums disparaissent de Belgique comme cela s'est produit au Royaume-Uni qui ne compte plus de delphinarium sur son territoire.

Dr Erik Van der Straeten (biologiste), Michel Vandenbosch (président de GAIA), Ric O'Barry, et Yvon Godefroid (grand connaisseur des dauphins) à la conférence de presse organnisée par GAIA
La majorité des dauphins détenus en captivité, comme ceux du Boudewijnpark, sont des tursiops truncatus. Une grande partie des dauphins dans les delphinariums ont été capturés dans la nature. La capture est toujours synonyme de violence. Les chasseurs rabattent les jeunes dauphins (qui ne sont plus allaités) avec des bateaux vers les eaux peu profondes pour les séparer de leur mère. Les animaux sont non seulement traumatisés par la capture mais ils sont aussi brutalement séparés de la structure sociale au sein de laquelle ils ont vécu pendant de nombreuses années. Beaucoup de dauphins ne survivent pas à leur capture. La première chose que doit accepter le dauphin en captivité est de manger du poisson mort donné par la main de l'homme. Dans la nature, les dauphins ne mangent pas de poisson mort.
L'infrastructure du delphinarium du Boudewijnpark est totalement insuffisante
Dans le delphinarium du Boudewijnpark, les dauphins ne peuvent nager que quelques dizaines de mètres avant de se trouver nez à nez avec un mur ou une clôture. Dans la nature, les animaux parcourent chaque jour de 50 à 100 kilomètres et passent de 80 à 90% de leur temps sous l'eau. La profondeur du bassin principal du delphinarium de Bruges est de 5,6 mètres. Bien que cela soit 60 cm de plus que la prescription légale, il est quasiment impossible de plonger normalement car ceux-ci n'ont que quelques mètres de profondeur. Dans la nature les dauphins plongent à des profondeurs pouvant atteindre 200 mètres. Les exigences particulièrement faibles auxquels les delphinariums à travers le monde doivent répondre poussent les dauphins en captivité à rester par ennui de 80 à 90% du temps à la surface de l'eau. Les bassins nus en béton du delphinarium de Bruges sont remplis d'eau de mer artificielle contenant du chlore et sans algues, plantes, poissons, rochers ou autres objets. Le Boudewijnpark ne semble pas envisager d'apporter des changements constructifs aux bassins. Les dauphins sont constamment à l'intérieur sous une coupole fermée. Il y a bien de la lumière naturelle qui rentre par les fenêtres du plafond mais ce n'est en aucun cas comparable au contact direct avec la lumière du soleil et les autres éléments météorologiques que l'on retrouve à l'extérieur. Il est très difficile d'avoir une idée exacte de la surface des bassins étant donné que le Boudewijnpark communique des informations contradictoires à ce sujet. Force est de constater que la grandeur du delphinarium est beaucoup trop petite pour satisfaire aux besoins physiologiques et éthologiques des dauphins.

Vie et mort des dauphins à Bruges
Il y a actuellement 9 dauphins (dont 3 capturés dans la nature et 6 nés en captivité) au Boudewijnpark. La direction donne très peu d'information concernant les autres dauphins ayant vécus, ayant été vendus ou étant morts au parc. On ne sait presque rien sur le nombre dauphins morts pour la période comprise entre l'ouverture du delphinarium en 1971 et l'incendie de 1988. Est-ce dû au fait que les décès des dauphins sont nombreux dans les delphinarium ? Ce que nous savons, par contre, c'est que 3 dauphins sont morts dans l'incendie de mai 1988. Depuis la réouverture du delphinarium en juillet 1988 un minimum de 9 dauphins sont morts, ce qui est beaucoup.
Le spectacle d'abord : l'éducation, la conservation et la recherche scientifique au second plan
Au delphinarium comme sur leur site web, le Boudewijnpark donne des informations éducatives générales mais l'on y oublie de mentionner que les dauphins en captivité n'utilisent pas pleinement leurs capacités. Les spectacles sont centraux et poussent le message éducatif déjà fort subjectif à l'arrière plan. Il semblerait également que le delphinarium ne se préoccupe pas beaucoup de conservation et de recherches scientifiques. Le Boudewijnpark n'a jamais déclaré avoir remis de dauphins en liberté. La direction prétend que les dauphins sont éduqués pour participer à la recherche scientifique mais il n'y a aucun exemple concret pouvant étayer cette affirmation.
Sortez les animaux des bassins vides
Le Boudewijnpark doit mettre immédiatement en œuvre les actions nécessaires à l'amélioration des conditions de vie des dauphins. Dans le cas où la direction refuse d'apporter les changements nécessaires, le delphinarium doit fermer. La situation actuelle est inacceptable. Dans l'idéal, GAIA voudrait une fermeture de tous les delphinariums et la remise en liberté des dauphins. Ceci n'est pas une exigence farfelue, en témoigne la récente remise en liberté de dauphins à Haïti et la décision du Conseil Nordique qui a rendu un avis contraire à l'établissement d'un delphinarium en Norvège. Pour cela, il faut, en premier lieu, vérifier si les dauphins de Bruges peuvent encore être remis en liberté. Pour en juger, l'animal doit d'abord être amené dans un lagon ou une baie. Beaucoup de dauphins en captivité ont oublié ou ne connaissent pas les techniques de survie. Cela ne veut pas dire que celles-ci ne peuvent plus être (à nouveau) apprises. La décision de mettre en liberté les dauphins doit être prise par un expert indépendant en mammifères marins. Les dauphins qui ne savent pas suffisamment s'adapter à la vie en liberté peuvent être gardés en semi-liberté dans une baie ou une lagune, ce qui améliorerait considérablement la qualité de vie de ces animaux. Si des experts indépendants en mammifères marins décident, pour des raisons de bien-être des animaux clairement établies, que les dauphins du Boudewijnpark ne peuvent être considérés comme candidats à la liberté ou à une vie dans un lagon ou une baie naturelle, alors un lagon artificiel, où le biotope naturel des dauphins est simulé, doit être créé en Belgique. Dans ce cas, les spectacles et les contacts physiques avec le public sont à proscrire. Le fait de montrer ces animaux sauvages dans un environnement nettement mieux adapté à leurs besoins participerait aussi à l'amélioration du volet éducatif, à condition qu'on arrête de donner une image fausse des animaux en les utilisant pour des shows. Il faut que les enfants apprennent ce qu'est la véritable nature des dauphins qui n'ont pas évolué depuis 65 millions d'années pour passer leur vie à nous amuser comme des clowns de cirque.
Le Dimanche 11 juillet à 14:00 GAIA organise une action pacifique au Boudewijnpark de Bruges. Rik O'Barry, expert en mammifères marins de l'organisation One Voice et ex-entraîneur de Flipper, protestera avec GAIA contre la détention des dauphins dans des bassins nus. Si vous voulez participer à cette action pacifique contactez nous. Un bus partira du bureau de GAIA se situant à Schaarbeek, 90 rue des Palais.